L'un des banquiers les plus influents de Russie tire la sonnette d'alarme : "L'économie ralentit plus vite que prévu"
Selon le PDG de Sberbank, Germán Gref, l'économie russe se dégrade.
- Publié le 06-09-2025 à 20h21

Germán Gref, le patron de Sberbank et l'un des banquiers les plus importants de Russie, s'est exprimé ce jeudi sur la situation économique de son pays. Il a averti que l'économie stagne et que le pays risque de tomber en récession si la banque centrale ne réduit pas fortement ses taux d'intérêt.
Pourtant ces dernières années, la situation économique de la Russie n'était pas mauvaise. En 2023 et 2024, elle avait progressé de respectivement 4,1 % et 4,3 %. Des chiffres bien meilleurs que le G7 malgré les nombreuses sanctions qui leur ont été imposées après l'invasion de l'Ukraine en 2022.
Le Kremlin avait opté pour une stratégie basée sur l'économie de guerre, mais la croissance connue précédemment ralentit fortement à cause des taux d'intérêt élevés.
"Stagnation technique"
Germán Gref a déclaré que l'économie russe au second trimestre semblait en "stagnation technique". "Il est important de sortir de cette période de ralentissement contrôlé de l'économie afin qu'elle ne se transforme pas en stagnation, car relancer l'économie sera bien plus difficile que la ralentir", a-t-il rajouté.
Il a également affirmé que les données bancaires montrent un net ralentissement et que les signes de croissance pour juillet et août sont presque nuls.
Le ministre des Finances, Anton Silouanov, a déclaré la semaine dernière que la croissance économique devrait diminuer à 1,5 % alors qu'initialement prévu à 2,5 %.
Les regards vers la banque centrale
La pression est de plus en plus importante sur la banque centrale pour qu'elle diminue ses taux lors de la réunion du 12 septembre. De nombreux avertissements ont été émis par de hauts responsables, dont Germán Gref.
En janvier, Poutine s'inquiétait déjà de la santé de son économie en temps de guerre et notamment de l'implication des grandes entreprises qui baissait à cause des taux d'intérêt élevés.
"Les dernières données suggèrent que l'économie ralentit plus vite que prévu" a déclaré Maxime Reshetnikov, ministre de l'Economie. Il a rajouté que les prix de production n'avaient pas augmenté, ce qui montre que la demande est insuffisante. Certaines entreprises mécaniques russes sont passées à des semaines de quatre jours pour réduire leurs frais.
Lors des deux premiers mandats de Poutine de 2000 à 2008, le PIB de la Russie s'était multiplié par neuf, passant de 200 à 1 700 milliards de dollars. Le produit intérieur brut du pays n'est aujourd'hui plus que de 2 200 milliards de dollars, soit le même niveau qu'en 2013, avant l'annexion de la Crimée.
