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Les victimes israéliennes remontées contre leur gouvernement: "C'est comme si, psychologiquement, le Hamas avait déjà gagné"

Désormais réfugiées dans des hôtels, les victimes israéliennes du Hamas regrettent l'inaction de leur gouvernement. "C'est comme si, psychologiquement, le Hamas avait déjà gagné : ils ont repoussé la frontière" dit l'une d'elles.

Nicolas Rouger, envoyé spécial à Ein Bokek
Isreali security forces inspect damage on a building in the Arab-Israeli town of Abu Ghosh near Jerusalem, after a rocket attack from Gaza on October 9, 2023. Stunned by the unprecedented assault on its territory, a grieving Israel has counted over 700 dead and launched a withering barrage of strikes on Gaza that have raised the death toll there to 493 according to Palestinian officials. (Photo by AHMAD GHARABLI / AFP)
Désormais réfugiées dans des hôtels, les victimes israéliennes du Hamas regrettent l’inaction de leur gouvernement. ©AFP or licensors

Tout le monde vient parler à Ahuva Ilan, 77 ans, dans le hall de l'hôtel de luxe Leonardo Plaza à Ein Bokek, lieu de villégiature plongé dans le silence désertique, sur la rive israélienne de la mer Morte. Elle a toujours le sourire, mais c'est trompeur : comme les 250 habitants de son kibboutz, Kisufim, frappé samedi de plein fouet par l'offensive sans précédent du Hamas, elle fait face aujourd'hui à une nouvelle réalité.

Ahuva Ilan se souvient, lorsque samedi les sirènes ont retenti. "On est habitués. Dans le reste du pays, les bunkers servent parfois de fourre-tout. Ici, ils sont bien équipés. Nous nous sommes réfugiés, nous avons tout fermé à clé, et on a entendu les salves de roquettes" raconte-t-elle. "Et puis tout de suite après, on a entendu les tirs. Quelqu'un est rentré dans la maison, ils ont essayé d'enfoncer la porte. On les a entendus fouiller partout, et s'installer dans le salon".

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