"Si nous ne les ramenons pas maintenant, nous les perdrons à jamais": une foule d'Israéliens a mis le pays au ralenti, appelant au retour des otages
Des milliers d'Israéliens ont mis le pays au ralenti, appelant au retour des otages.

- Publié le 18-08-2025 à 06h47

Aujourd'hui, tout s'arrête pour se souvenir de la valeur la plus haute : le caractère sacré de la vie." Anat Angrest, la mère de l'otage Matan Angrest, a résumé dans une formule limpide la raison fondamentale de la grève générale organisée dimanche en Israël en "solidarité" avec les personnes enlevées et retenues en otage par le Hamas depuis près de deux ans à Gaza, lors d'une intervention publique sur une place de la capitale Tel-Aviv. À l'appel du Forum des familles, de l'opposition et d'une partie du monde économique, des milliers d'Israéliens sont descendus dans la rue en ce premier jour de la semaine hébraïque afin de réclamer de leur gouvernement un accord de cessez-le-feu à Gaza qui garantirait la libération des otages, des demandes rejetées par le Premier ministre Benjamin Netanyahou.
Celui-ci ne démord pas qu'il faut au préalable une victoire "complète" sur le mouvement islamiste palestinien. "Ceux qui appellent aujourd'hui à la fin de la guerre sans vaincre le Hamas non seulement durcissent la position du Hamas et retardent la libération de nos otages, mais ils garantissent également que les horreurs du 7 Octobre se répéteront encore et encore, et que nous devrons nous battre dans une guerre sans fin", a mis en garde le Premier ministre.
Un immense drapeau israélien, constellé de portraits de personnes kidnappées, a été déployé à Tel-Aviv sur la "place des otages", devenue emblématique depuis le début de la guerre.
La plupart des magasins sont restés ouverts dans les grandes villes et beaucoup d'entreprises avaient permis à leurs employés de participer aux actions organisées dans ce cadre. Parmi celles-ci figuraient des blocages de routes, dont l'autoroute reliant Tel-Aviv et Jérusalem. Des échauffourées ont eu lieu avec les forces de l'ordre déployées en force, lesquelles ont eu recours aux canons à eau à Jérusalem et avaient procédé à une trentaine d'interpellations en milieu d'après-midi à l'échelle nationale.
Un plan de contrôle sécuritaire
Un immense drapeau israélien, constellé de portraits de personnes kidnappées, a été déployé à Tel-Aviv sur la "place des otages", devenue emblématique depuis le début de la guerre, déclenchée par les attaques meurtrières inédites du Hamas en Israël du 7 octobre 2023. Des manifestants postés devant la résidence de M. Netanyahou à Jérusalem ont aussi appelé le gouvernement à "mettre fin à la guerre" et "ramener tout le monde". "Si nous ne les ramenons pas maintenant, nous les perdrons à jamais", s'est alarmé le Forum des familles des disparus.
"Nous faisons tous les efforts pour les ramener […] On peut avoir des désaccords, mais en vérité, tout le peuple d'Israël veut que nos frères et sœurs rentrent à la maison", a déclaré sur la célèbre place le président israélien Isaac Herzog, qui a également appelé "le monde à faire pression sur le Hamas".
Le gouvernement Netanyahou affirme sa détermination à poursuivre son offensive dans la bande de Gaza pour en finir avec le Hamas et prendre le contrôle sécuritaire de l'ensemble du territoire palestinien assiégé et affamé. Selon la radio militaire israélienne, le chef d'état-major, Eyal Zamir, tenait dimanche une réunion avec des responsables militaires pour discuter du plan prévoyant la prise de contrôle de Gaza-ville avec le but affiché de vaincre le Hamas et libérer les otages. L'annonce de ce plan a suscité l'effroi de familles d'otages qui craignent que l'opération n'entraîne la mort de leurs proches.
