Voici plusieurs habitudes à adopter dès 30 ans pour améliorer sa santé: "Cela réduit le risque de décès prématuré"
D'après une étude, il faudrait prêter attention à différents facteurs pour améliorer sa qualité de vie.

- Publié le 02-12-2025 à 19h01

Ces derniers temps, de nombreux posts sur les réseaux sociaux mettent en avant des conseils pour améliorer sa qualité de vie. Sommeil qualitatif, alimentation variée et saine et pratique sportive: ces recommandations sont très souvent partagées par des experts ou par de simples utilisateurs.
Selon une récente étude finlandaise, , les années à partir de la trentaine (entre 36 et 50 ans, principalement), assez chargées, seraient cruciales pour la santé. Interrogé par le média flamand, De Morgen, Ivan Bautmans, gérontologue à la VUB, explique que cette période ne permet pas aux personnes de "se préoccuper consciemment de leurs réserves énergétiques ou de leur santé, car le travail et la famille les accaparent". "Ce sentiment de devoir constamment jongler avec ces responsabilités engendre un stress chronique, et c'est précisément ce stress qui favorise l'adoption de comportements néfastes pour la santé", précise-t-il.
Pour obtenir les résultats de l'étude mentionnée précédemment, les chercheurs ont suivi une centaine de personnes nées en 1959 et les ont suivies de leur enfance jusqu'au début de la soixantaine. Elles ont été examinées à cinq périodes précises de leur vie, à 27, 36, 42, 50 et 61 ans. Les scientifiques ont pu évaluer leur santé mentale et physique, leurs habitudes de vie comme le tabagisme, la consommation d'alcool et l'activité physique. Les chercheurs ont pu conclure que les conséquences de fumer, de consommer de l'alcool et de manquer d'exercices sont perceptibles dès l'âge de 36 ans. Selon eux, cela a un impact majeur sur le futur de notre santé. "Les maladies non transmissibles telles que les maladies cardiaques et le cancer causent près des trois quarts de tous les décès dans le monde. Nos résultats soulignent que les comportements à risque s'accumulent dès le plus jeune âge, mais que leurs conséquences néfastes ne deviennent apparentes que bien plus tard. En adoptant un mode de vie sain, chacun peut réduire son risque de développer ces maladies et son risque de décès prématuré", indique Tiia Kekäläinen, auteure principale et scientifique de la santé spécialisée dans le vieillissement.
Quels sont les changements observés ?
"La composition corporelle évolue vers l'âge de 30 ans. Chez les femmes, la périménopause débute, accompagnée de bouleversements hormonaux. Sur le plan cardiovasculaire, on observe les premiers signes de rigidité artérielle. La densité osseuse diminue légèrement. Ces changements ne sont pas encore spectaculaires, mais ils indiquent que le corps est en train de se transformer", prévient Sanne Stegen, chercheuse sur le vieillissement chez les jeunes à l'Université de Gand. Selon elle, toutefois, il n'y a pas de tournant décisif à partir d'un certain âge. Elle explique que tout repose sur l'accumulation des comportements au fil des années, et que durant la jeunesse, on crée une réserve qui diminue plus rapidement si elle n'est pas entretenue, notamment dès 30-40 ans. "Dès qu'elle devient insuffisante pour absorber le stress et les tensions, les conséquences se font sentir", détaille-t-elle au quotidien flamand.
Comment adopter un meilleur mode de vie ?
Les premiers conseils sont connus : il faut adopter une alimentation saine, faire suffisamment d'exercice, éviter les boissons alcoolisées et respecter ses heures de sommeil. Pour la professeure Greet Cardon de l'Université de Gand, spécialiste du vieillissement en bonne santé, un mode de vie sain ne doit pas devenir une source de stress supplémentaire. "Faire du sport trois fois par semaine ne devrait pas être une obligation. Il n'est pas nécessaire d'être parfait en tout point. Cela rend malheureux", explique-t-elle au Morgen.
La spécialiste conseille d'intégrer plusieurs séances d'exercice dans son quotidien, ce qui aurait plus d'impact qu'une seule séance par semaine. "Éloignez votre imprimante, organisez vos réunions debout ou prenez un appel en marchant", partage-t-elle au média néerlandophone. "Mais même ces gestes simples semblent souvent impossibles à réaliser pour les personnes très occupées. Avant, il fallait faire de l'exercice pour aller au travail ou faire ses courses. Maintenant, c'est un choix. Et c'est ce qui complique les choses. Il faut planifier activement ce qui était auparavant automatique", révèle-t-elle.
Selon l'experte Greet Cardon, l'environnement a un rôle crucial dans l'encouragement à l'activité physique. Elle insiste sur le fait que notre conception des villes doit évoluer, actuellement souvent dominées par la voiture, et privilégier plutôt les espaces verts accessibles et les déplacements à pied ou à vélo. "Si la rue invite à la marche ou au vélo, l'exercice physique devient une habitude", décrit-elle.
Cardon insiste aussi sur l'importance des facteurs sociaux, comme faire du sport avec d'autres personnes ou se promener avec un collègue lors de la pause déjeuner, car cela rendrait l'activité physique plus plaisante et moins contraignante. Pour elle, prendre soin de soi ne doit pas seulement être une obligation, mais aussi un plaisir, en appuyant sur la nécessité de s'éloigner des écrans et de réduire le stress. "De plus, il est essentiel de se déconnecter. Ne répondez pas à vos e-mails le soir, éloignez-vous des écrans avant de vous coucher et prenez le temps de vous détendre. Le stress conduit souvent à une consommation accrue d'alcool ou à une diminution de l'activité physique, ce qui alimente un cercle vicieux", conclut-elle.
