Un patient sur quatre atteint d'un mélanome métastasique est guéri cinq ans après le début du traitement par immunothérapie

Une étude de l'UZ Brussel prouve que l'immunothérapie est un traitement concluant concernant le cancer de la peau.

Un patient sur quatre atteint d'un mélanome métastasique est guéri cinq ans après le début du traitement par immunothérapie
©Lies Williaert

L'immunothérapie dans le traitement du cancer de la peau le plus agressif, en l'occurrence le mélanome, tient ses promesses. C'est ce que l'on retiendra de l'étude observationnelle présentée par une équipe de l'UZ Brussel, lors du congrès de la Société européenne d'oncologie médicale (ESMO) qui s'est tenu la semaine dernière à Paris. Si des résultats encourageants avaient déjà été communiqués dans le cadre d'études réalisées par l'industrie pharmaceutique, ils sont à présent confirmés par les travaux menés sous la direction du Pr Bart Neyns, chef du service d'oncologie médicale de cet hôpital bruxellois.

Depuis 2010 - année où un traitement par immunothérapie fut disponible chez nous pour soigner les mélanomes (environ 8% des cancers de la peau) - jusqu'à mars 2022, l'équipe belge a suivi près de 300 patients atteints de mélanome métastatique et traités par cette approche thérapeutique qui consiste à stimuler le système immunitaire du patient pour éliminer les cellules cancéreuses. Alors que, jusqu'il y a peu, une issue fatale était la norme lorsque ce type de cancer s'était propagé dans le corps, l'étude démontre qu'à partir d'un délai de 5 ans après le début du traitement, 25% des patients sous immunothérapie étaient guéris.

45 semaines de traitement en moyenne

Entre mai 2010 et mars 2022, 292 patients ont ainsi été traités pendant 45 semaines en moyenne "par une immunothérapie à base d'un anticorps anti-PD-1, une grande structure protéique qui se fixe à la surface des cellules immunitaires et leur permet d'éliminer les cellules cancéreuses", précise l'UZ Brussel. Chez 35 % des patients traités présentant des métastases, l'immunothérapie a été interrompue après la disparition des métastases sur les examens scanographiques ou en raison d'effets secondaires inacceptables. Le traitement n'a été repris qu'en cas de rechute.

"Le risque le plus élevé de mauvaise évolution du mélanome métastatique se manifestait dans les six premiers mois suivant le début du traitement, poursuit l'hôpital universitaire. Une mauvaise évolution signifie que le volume des métastases existantes augmente ou que de nouvelles métastases commencent à se former. Le risque diminuait ensuite progressivement, avec un risque presque négligeable de mauvaise évolution dès 5 ans après le début du traitement".

Comme l'explique le Pr. Dr Bart Neyns, "ces résultats correspondent à ceux de précédentes études menées par l'industrie pharmaceutique. Les patients que nous avons examinés dans le cadre de notre étude n'ont pas été traités dans ces précédentes études, ce qui confirme que les résultats sont également valables en dehors du contexte expérimental. Certains patients atteints de mélanome métastatique ont été suivis pendant plus de 10 ans, avec des résultats positifs et durables."

Quid des nouvelles tumeurs?

L'étude s'est en outre penchée sur l'apparition de nouvelles tumeurs de la peau (différentes du mélanome pour lequel le patient a été traité) ou dans d'autres parties du corps. "Au total, 22 nouvelles tumeurs ont été détectées chez 17 patients au cours de leur suivi, notent les auteurs. La majorité (13) de ces tumeurs étaient des tumeurs de la peau, qui ont toutes été diagnostiquées et traitées à temps. Neuf étaient des tumeurs non cutanées (notamment des tumeurs de la vessie, du sein, de la prostate et du poumon). Celles-ci ne sont apparues qu'à partir de la deuxième année de suivi."

Que faut-il en déduire? "Bien qu'il s'agisse de nombres limités, c'est une découverte importante : une nouvelle tumeur n'est pas nécessairement une rechute du mélanome, répond le Pr Neyns. Cinq ans après le début de l'immunothérapie, le risque pour ces patients de développer une nouvelle tumeur est plus élevé que le risque de rechute du mélanome. Cela confirme les chances de guérison que l'immunothérapie peut offrir à environ un patient sur quatre atteint d'un mélanome métastatique avancé... Mais cela nous confronte également au fait que les survivants de ce qui était autrefois un cancer mortel courent toujours le risque de retomber malades après avoir été guéris, comme d'autres personnes sans leurs antécédents médicaux."

La recherche se poursuit

Et pour les trois patients sur quatre qui ne survivent pas au mélanome métastasique malgré un traitement par immunothérapie? "La recherche se poursuit, non seulement pour suivre l'évolution à long terme de ce premier groupe de survivants du mélanome par immunothérapie, mais aussi pour mettre au point de nouvelles formes d'immunothérapie dont nous avons besoin pour ces trois patients sur quatre pour lesquels le traitement actuel est encore inadéquat, dit le spécialiste. Ce qui est encourageant dans ces études, c'est que nous parvenons à voir chez certains patients une évolution favorable de leur maladie grâce à une thérapie expérimentale complémentaire. Mais avant de pouvoir offrir à chaque patient la perspective d'une guérison, un énorme travail de recherche reste nécessaire."

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