Marc Van Ranst estime que la Belgique n'est pas prête pour une seconde vague: "C'est un pur scandale"

M.R.
Marc Van Ranst estime que la Belgique n'est pas prête pour une seconde vague: "C'est un pur scandale"
©DEMOULIN/BELGA

Selon le virologue, le système de traçage n'est pas encore au point et ne permettrait pas d'affronter une potentielle seconde vague.

Les indicateurs restent au vert en Belgique. Mais si le nombre d'hospitalisations a encore baissé ce samedi 6 juin, le nombre de contaminations a quant à lui augmenté (82 jeudi, 140 vendredi et 165 ce premier jour de week-end). Une hausse que le virologue Steven Van Gucht ne voit pas forcément d'un mauvais œil. "Il est trop tôt pour en tirer des conclusions", estime-t-il auprès de nos confrères du Standaard. Qui plus est, selon lui, le nombre d'infections rapporté quotidiennement par Sciensano découle fortement de la façon dont les gens sont testés. Etant donné que les citoyens effectuent rarement des tests le week-end puisqu'ils ne peuvent pas se rendre chez le médecin, ils sont plus nombreux à demander un examen le lundi. Les résultats de ces personnes tombent environ 48 heures plus tard. Cela expliquerait donc en partie les contaminations plus nombreuses constatées ces derniers jours, selon le chef du Service Maladies Virales de Sciensano. 

Une capacité de tests qui a par ailleurs énormément augmenté au cours de ces derniers mois. Interrogé par le quotidien De Morgen, le virologue Marc Van Ranst (KULeuven) estime qu'elle est désormais suffisante. "1% des tests s'avèrent positifs, pourquoi devrions-nous encore en faire davantage?", s'interroge l'expert membre du GEES, pour qui l'important est désormais d'isoler le plus rapidement possible les personnes contaminées.
Des attentes extrêmement élevées

Il pointe toutefois un soucis au niveau du système de tracing, censé permettre de détecter efficacement de potentiels cas de coronavirus.  "C'est un pur scandale, regrette Marc Van Ranst à De Morgen. On pensait pouvoir mettre n'importe qui au téléphone alors qu'il faut de l'empathie pour gérer une telle conversation. La personne qui est contactée a un tas de questions qui nécessitent des réponses décentes. Ensuite, cette personne infectée doit avoir suffisamment confiance pour transmettre des informations correctes." Le virologue appelle donc à éliminer au plus vite les problèmes constatés depuis le lancement du système de tracing. 

Des difficultés qui font croire à l'expert que la Belgique n'est actuellement pas prête à affronter une seconde vague. Mais il relativise toutefois: il est peu probable qu'elle arrive tout de suite. "C'est difficile à prévoir quand ça se passera et si ça se passera, ajoute-t-il. (...) Dans la seconde moitié de septembre, les virus réapparaissent. Les enfants retournent à l'école, il fait plus froid." Il met quoi qu'il en soit en garde contre les discours que l'on entend actuellement sur le fait qu'il serait possible de contrôler cette seconde vague en Belgique. "Ce sont des attentes extrêmement élevées, cela n'a jamais été le cas dans le cadre d'une épidémie respiratoire".

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