Une architecte d'intérieur 2.0
- Publié le 16-02-2016 à 16h44
- Mis à jour le 16-02-2016 à 16h43

Architecte de formation, Vanessa Hoscheit est revenue à ses premières amours de décoration d'intérieur il y a quatre ans en créant le bureau Sensionest. Un lieu de dialogue permanent avec ses clients, interface en ligne à la clé. PRISE PAR LE VIRUS DU DESSIN et de la peinture dès l'adolescence, Vanessa Hoscheit exerce sa passion en cours du soir à l'Académie royale des Beaux-Arts de Boitsfort pendant ses six années de secondaire. "Cela a réellement éveillé mon sens artistique, qui est en quelque sorte un héritage familial puisque mon grand-père était diplômé des Beaux-Arts en dessin", souligne-t-elle. Alors qu'elle se dirige vers des études de décoratrice d'intérieur, ses parents lui conseillent d'opter pour une formation plus classique d'architecte. "Ils considéraient que c'était plus sérieux et plus sûr", précise-t-elle. Des études qu'elle termine avec succès en 2001.
Pendant près de cinq ans, elle travaille dans différents bureaux d'études comme architecte confirmée avant de se rediriger vers une orientation plus sociale au sein de la Région et de la Ville de Bruxelles. En tant que chef de projet dans la rénovation urbaine, elle est confrontée chaque jour aux problèmes de logement dans la capitale. "J'ai été marquée par toutes les personnes qui vivent dans la précarité. Malgré tout ce qu'on a mis en place, c'est très difficile pour beaucoup de monde de se loger décemment."
Une problématique qui fait partie intégrante de la philosophie de Sensionest, bureau d'architecte d'intérieur qu'elle crée en 2012, renouant ce faisant avec ses premières amours. "Il ne s'agit pas d'un besoin de première nécessité et les gens hésitent souvent à se rendre chez un architecte d'intérieur à cause des coûts parfois flous et chers." C'est pourquoi elle propose des devis par service, à l'inverse de certains de ses collègues dont les tarifs correspondent à un pourcentage du coût des travaux, ce qui apporte parfois de mauvaises surprises.
Les services de cette Bruxelloise de 38 ans, à la carte, sont avant tout basés sur l'écoute et le dialogue permanent entre le client et l'architecte d'intérieur. "Nous proposons une méthodologie innovante sous la forme d'une application interactive qui permet à chaque client de suivre l'avancement de son projet au jour le jour, de communiquer directement avec moi, de faire des débriefings en ligne, etc. La disponibilité et l'échange permanent sont vraiment primordiaux pour comprendre les envies des clients, qui sont parfois difficiles à cerner", explique Vanessa Hoscheit. Des désirs parfois contrastés au sein d'un même logement et, dès lors, compliqués à concilier. La fondatrice de Sensionest a, par exemple, dû récemment réunir les envies opposées d'un couple qui venait d'investir un bâtiment moderne dans lequel il ne se sentait pas bien. Un défi d'autant plus satisfaisant lorsqu'il est réussi.
Afin de répondre au mieux au désir de bien-être de ses clients, l'architecte d'intérieur poursuit son apprentissage via diverses formations. "La couleur, pour ne citer qu'elle, a beaucoup d'importance. Pour les choisir au mieux, il faut bien connaître leur psychologie. Je me forme aussi au Feng-Shui parce que l'aménagement de l'espace est un aspect non négligeable pour le sentiment de bien-être", conclut-elle.
Bertrand Lodewyckx