Pacte énergétique: la prolongation des sept centrales nucléaires est aussi étudiée par la majorité
La Libre" a révélé ce jeudi, sur son site Internet, une information qui a fait pas mal de bruit : le gouvernement fédéral a intégré, parmi ses pistes de réflexion sur le pacte énergétique, la construction d'une nouvelle centrale nucléaire en 2040.
- Publié le 11-01-2018 à 20h23
- Mis à jour le 12-01-2018 à 16h20

La Libre" a révélé ce jeudi, sur son site Internet, une information qui a fait pas mal de bruit : le gouvernement fédéral a intégré, parmi ses pistes de réflexion sur le pacte énergétique, la construction d'une nouvelle centrale nucléaire en 2040.
Pour rappel, la N-VA a refusé de donner son aval au pacte énergétique signé par les quatre ministres de l'Energie du pays. Avant de valider ce pacte qui prend comme préalable la sortie du nucléaire en 2025, les nationalistes voulaient être sûrs que ce choix n'aurait pas de conséquences fâcheuses sur la facture d'électricité des ménages et des entreprises.
La ministre de l'Energie, Marie-Christine Marghem (MR), a donc mandaté le professeur Johan Albrecht (Université de Gand) et le Bureau du Plan pour chiffrer l'impact des différents scénarios sur la facture d'électricité. Mais, alors que les résultats de ce chiffrage ne sont pas encore connus, Bart De Wever a fait savoir que la N-VA s'opposerait de toute façon à une sortie du nucléaire en 2025.
A la suite de cette déclaration du patron des nationalistes, l'opposition attendait Charles Michel de pied ferme, ce jeudi à la Chambre. Elle accuse le Premier ministre d'être à la remorque de son puissant partenaire de gouvernement. Nos informations sur l'existence d'un scénario "nouvelle centrale nucléaire" ont suscité un feu nourri de questions supplémentaires à l'adresse de Charles Michel, qui a répondu que "toutes les possibilités pourraient être envisagées". Un message identique à celui du cabinet Marghem : "La compétence du fédéral sur la sécurité d'approvisionnement nous oblige à envisager tous les scénarios".
Cette piste est cependant fort théorique. L'accord de gouvernement confirme la sortie du nucléaire en 2025. Il serait politiquement explosif pour le gouvernement Michel de renoncer à cet objectif et, en prime, de mettre en service une nouvelle centrale. En outre, le coût des nouvelles unités nucléaires a fortement augmenté ces dernières années avec l'instauration des normes Fukushima.
Des centrales prolongées jusque 2040 ?
On se demande dès lors pourquoi la construction d'une nouvelle centrale a pu être incorporée dans les scénarios soumis au Bureau du Plan et au professeur Albrecht ? Même si cela faisait partie du programme électoral de la N-VA en 2014, certaines sources affirment que le parti nationaliste aurait renoncé à défendre cette idée au sein du gouvernement, et que c'est Marie-Christine Marghem qui a voulu étudier ce scénario. Peut-être pour prouver que l'option "nouveau nucléaire" est beaucoup plus coûteuse ? D'autres sources affirment, au contraire, que c'est la N-VA qui a insisté pour que cette hypothèse soit étudiée.
Par ailleurs, "La Libre" a pu consulter les autres scénarios pour lesquels le Bureau du Plan et le professeur Albrecht ont été mandatés. La prolongation au-delà de 2025 de deux, de quatre et même des sept réacteurs nucléaires actuels sera étudiée, ainsi qu'un arrêt complet.
A l'horizon 2040, il apparaît qu'il ne pourra rester que zéro ou deux des sept centrales actuelles. A l'horizon 2050, l'ensemble du parc nucléaire actuel devrait fermer ses portes. Plus de nucléaire donc. A part si le scénario alternatif de la construction d'une nouvelle centrale en 2040 est activé.
Jean-Marc Nollet, le chef de groupe Ecolo, ne voit pas pourquoi une telle possibilité est prise en compte. "On sait déjà que le nucléaire est beaucoup plus cher. Au Royaume-Uni, les réacteurs en construction vont recevoir 105 euros par MWh de subsides, contre 79 euros pour les trois derniers parcs éoliens en mer du Nord, déclare-il. J'espère que le but n'est pas uniquement de reporter la décision sur la sortie du nucléaire à la prochaine législature."