Marghem: "Le scénario d'une nouvelle centrale n'était pas mon idée"
- Publié le 12-01-2018 à 16h29
- Mis à jour le 12-01-2018 à 20h22

Elle réfute être à l'initiative de l'incorporation de ce scénario dans les études sur le pacte énergétique.
Çela cafouille au niveau de la communication du gouvernement fédéral sur l'épineux dossier nucléaire. Pour rappel, "La Libre" a révélé que la "Suédoise" avait intégré, parmi ses pistes de réflexion sur le pacte énergétique, la construction d'une nouvelle centrale nucléaire. Il s'agit d'un scénario parmi d'autres qui a été confié au Bureau du Plan et au professeur Johan Albrecht (UGent).
Ces scénarios vont d'un extrême à l'autre : de la sortie complète du nucléaire en 2025, au maintien en activité des sept réacteurs au-delà de 2025, jusqu'à la construction d'une nouvelle centrale.
A la suite du tollé suscité par cette option "nouvelle centrale nucléaire", Marie-Christine Marghem a déclaré, selon l'agence Belga, que "le chiffrage de la construction d'une nouvelle centrale nucléaire ne sera pas présenté au comité ministériel restreint".
Le cabinet de la ministre rectifiera officiellement cette information plus tard, ainsi qu'une autre source gouvernementale. "Rien ne change par rapport au mandat initial de Johan Albrecht et du Bureau du Pan", entend-on alors officiellement.
Nouveau revirement de situation, ce vendredi soir, après un contact téléphonique avec la ministre de l'Energie. "Malgré le fait que cela figurait dans son programme électoral de 2014, la N-VA ne défend plus la construction d'une nouvelle centrale nucléaire au sein du gouvernement, nous explique Marie-Christine Marghem. Nous avons donc décidé de retirer ce scénario de l'étude confiée à Johan Albrecht et au Bureau du Plan".
Si la mise en service d'une nouvelle centrale nucléaire n'a jamais été une piste crédible au sein du gouvernement, on se demande pourquoi ce scénario a été inséré dans l'étude ? Certaines sources estiment qu'il s'agit d'une idée du MR, afin de prouver à la N-VA que l'option nucléaire est trop coûteuse. D'autres estiment que Charles Michel a cédé aux exigences de la N-VA.
"Ce n'était pas mon idée, tranche Marie-Christine Marghem. L'idée est apparue lors des travaux préparatoires et je ne l'ai pas évacuée. J'ai accepté car je me suis dit qu'on ne pourra pas me reprocher, par la suite, de ne pas avoir évalué toutes les hypothèses. Je me suis dit que la N-VA ne pourrait plus me demander d'études complémentaires".
"Je ne me décourage pas" Ce gros cafouillage de communication au sein de l'équipe gouvernementale pose pas mal de questions. Mais on s'interroge aussi sur l'intérêt des résultats de l'étude qui seront présentés, alors que Bart De Wever a officiellement déclaré qu'il ne validerait pas la sortie du nucléaire en 2025.
"J'espère toujours faire changer la N-VA d'avis, je ne me décourage pas, répond Marie-Christine Marghem. Je suis faite pour les grandes batailles et j'ai les trois autres ministres de l'Energie à mes côtés…".
Du côté de l'opposition, on n'a pas apprécié ces tergiversations. "C'est vraiment n'importe quoi, a déclaré Jean-Marc Nollet. Cette improvisation en permanence manque de sérieux et est néfaste à la nécessaire transition énergétique. Toute personne qui suit un tant soit peu les dossiers énergétiques sait que le scénario nucléaire est le scénario le plus coûteux".