Coalition "Arizona" : Sophie Wilmès n'assiste pas aux discussions mais un scénario pourrait la faire revenir dans le jeu fédéral
Au MR, il était prévu que le président Georges-Louis Bouchez soit accompagné de l'ancienne Première ministre pour les discussions fédérales. Mais Sophie Wilmès reste en retrait. Avant un retour en force ?

- Publié le 08-07-2024 à 06h36

Avant les élections du 9 juin, les libéraux avaient scellé un accord : si le MR devait participer à la formation de nouvelles majorités gouvernementales, Sophie Wilmès aurait joué un rôle central dans les négociations aux côtés de son président de parti, Georges-Louis Bouchez. Mais des discussions ont été entamées à tous les niveaux de pouvoir et l'ancienne Première ministre reste en retrait. En particulier au fédéral, échelon stratégique où une coalition "Arizona" (N-VA, MR, CD&V, Vooruit, Engagés) est recherchée par le préformateur Bart De Wever.
Clarinval comme négociateur
Pourquoi cette discrétion de la part de celle qui a été élue au parlement européen en récoltant 530 000 voix de préférence, un record dans l'histoire de la politique belge francophone ? Tout d'abord, les dernières élections générales ont profondément transformé la dynamique interne au MR. Le comportement fougueux de Georges-Louis Bouchez avait poussé certaines personnalités libérales à vouloir le chaperonner.
Flanqué de Sophie Wilmès, le jeune loup libéral aurait dû adoucir son ton, en particulier s'il avait fallu négocier avec des partis de gauche. Mais l'histoire a été écrite différemment : des coalitions "Azur" de centre-droit vont se mettre en place en Wallonie et à la Fédération Wallonie-Bruxelles. Et, au fédéral, le PS et les écolos vont probablement être rejetés dans l'opposition. Ce schéma rend moins nécessaire la présence diplomate de celle qui a également été ministre des Affaires étrangères et ministre du Budget.
Lors des récentes réunions organisées par Bart De Wever, Georges-Louis Bouchez était accompagné de David Clarinval, actuel vice-Premier ministre au sein du gouvernement De Croo en affaires courantes. La composition de l'équipe libérale au fédéral a été évoquée récemment au sein du parti et Sophie Wilmès a estimé qu'il était juste que David Clarinval soit à la manœuvre, sachant qu'il est pressenti pour rester vice-Premier si la majorité "Arizona" voyait le jour.
Un retour au "16" ?
Ce n'est pas pour autant que la députée européenne a définitivement renoncé au gouvernement fédéral. En coulisses, une possibilité, assez spéculative, est évoquée : et si Bart De Wever ne pouvait pas devenir Premier ministre ? Le président de la N-VA a répété qu'il souhaitait s'installer au 16, rue de la Loi. Mais les autres formations "arizoniennes" seront-elles toutes d'accord ? Par exemple, Maxime Prévot, président des Engagés, a publiquement mis en doute l'aptitude du nationaliste flamand à diriger le gouvernement belge. Si un veto était émis contre Bart De Wever, il n'est pas impossible que Sophie Wilmès, forte de son expérience, soit alors rappelée au "16".
Une autre piste existe pour Sophie Wilmès. À ce stade, la star des libéraux francophones compte siéger au parlement européen. Si le MR devait toutefois obtenir le prochain mandat belge au sein de la Commission européenne, Georges-Louis Bouchez pourrait y envoyer Sophie Wilmès. Didier Reynders (MR), l'actuel commissaire européen, l'a confirmé dimanche : il souhaite prolonger pour cinq ans de plus. Toutefois, la libérale, forte de son récent plébiscite, devrait avoir la priorité.
