Au-delà de soixante ans, l'avenir est plus rose si on peut compter sur un (vrai) réseau social
Le Baromètre 2022 des choix de vie des plus de 60 ans est "un puissant plaidoyer pour s'attaquer à la solitude des personnes âgées", insiste la Fondation Roi Baudouin.

- Publié le 06-03-2023 à 16h04

Comment voit-on l'avenir quand on a plus de soixante ans, qu'on est en forme et autonome ? Comment les (plus de) "trois fois vingt" envisagent-ils de vieillir ? Ces questions sont au centre d'une vaste enquête menée fin 2022 par Indiville, à la demande de la Fondation Roi Baudouin (FRB), auprès des intéressé(e)s qui ne sont pas en situation de dépendance.
Quelque 1 762 personnes âgées de 60 à 85 ans ont été sondées, majoritairement en ligne, mais aussi par téléphone et lors d'interviews en rue.
Leur vision du vieillissement est contrastée. Si l'avenir sourit à près de 60 % des seniors interrogés (qui le voient de manière "positive", voire "très positive"), la portion (41 %) de ceux qui l'appréhendent de façon (très) négative, augmente de manière constante depuis 2017, pointe la FRB. Des baromètres similaires avaient été réalisés en 2017 et en 2020.
Un senior sur dix ne peut compter sur personne
Pour quelles raisons ? Certains chiffres donnent une part d'explication. Le sondage, effectué en pleine crise énergétique, fait apparaître que 30 % des plus de 60 ans ont du mal à boucler les fins de mois. Et seulement un gros tiers d'entre eux (36 %) pensent être financièrement armés pour vivre longtemps. Voilà qui n'aide pas à se projeter positivement.
Autre indication : l'impact du sentiment de solitude. Les personnes qui se sentent seules et socialement isolées sont moins heureuses et ont une image plus sombre de l'avenir. Un répondant sur cinq environ dit n'avoir personne avec qui partager ses soucis – c'est énorme. En outre, un senior sur dix (9 %) craint de ne pouvoir compter sur personne en cas de pépin de santé, alors que 43 % des plus de soixante ans pourraient s'appuyer sur maximum deux proches (souvent le partenaire ou les enfants).
Cette enquête qui montre la corrélation entre le regard porté sur les vieux jours et l'étendue du réseau social des personnes est un "puissant plaidoyer pour s'attaquer à la solitude des personnes âgées", insiste la Fondation Roi Baudouin. Et, parallèlement, pour soutenir le volontariat et le monde associatif, tout en développant des quartiers adaptés aux seniors.
Vive le quartier
La grande majorité des répondants aiment vivre dans leur quartier et souhaitent y rester le plus longtemps possible, même s'ils se rendent souvent compte (plus de la moitié) que leur logement est trop énergivore. Point noir : si le quartier est jugé comme étant relativement bien adapté aux seniors en ce qui concerne les contacts avec les plus jeunes, le respect des aînés ou la présence de services sociaux ou de santé, l'accessibilité pour les fauteuils roulants ou les déambulateurs laissent souvent à désirer.
Par ailleurs, les réseaux d'entraide spontanée entre habitants (comme le voisinage solidaire de Bras dessus Bras dessous) en sont encore à leurs balbutiements ou pas assez connus des personnes : 5 % des plus de 60 ans y sont activement impliqués. Mais un chiffre est très réjouissant : deux tiers des seniors interrogés (68 %) seraient prêts à donner un coup de main ou gérer un tel réseau s'il existait près de chez eux.