Avec "Hope", la série B fait vibrer Cannes
Dimanche soir, le Festival de Cannes a vécu une véritable séance de minuit en Compétition, avec le quatrième film explosif du Coréen Na Hong-jin.

- Publié le 18-05-2026 à 08h51
- Mis à jour le 18-05-2026 à 12h57

Depuis quelques années, le genre a fait son trou en Compétition cannoise. Il suffit de penser à la Palme d'or de Titane de Julia Ducournau en 2021 ou à The Substance de Coralie Fargeat en 2024, qui a permis à Demi Moore de faire son come-back et d'intégrer cette année le jury de Park Chan-wook.
Dimanche soir, le réalisateur d'Old Boy aura sans doute été sensible au dernier film de son compatriote Na Hong-jin. Avec Hope, ce dernier a livré au 79e Festival de Cannes un film de monstres de 2h40 qui a divisé, entre enthousiasme sincère et incompréhension polie de voir une telle série B (mais avec d'énormes moyens) concourir pour la Palme d'or.
Hope est un petit village portuaire près de la zone démilitarisée entre la Corée du Nord et la Corée du Sud. Il ne se passe jamais rien dans cette bourgade tranquille. Jusqu'au jour où l'officier de police Beom-seok (Hwang Jeong-min) est appelé par un jeune chasseur (Jo In-sung) pour une drôle d'histoire. Fier à bras ayant regardé beaucoup de séries américaines, le flic débarque sur une route isolée, où l'on a retrouvé un bœuf mort. Le pauvre animal est profondément lacéré. Est-ce un ours ? Un tigre descendu de Sibérie ? C'est parti pour une course-poursuite pétaradante contre un monstre invisible d'une heure dans une ville dévastée comme si Godzilla était passé par là. Avant que le film ne change de direction…

Quatre films, quatre films à Cannes
Na Hong-jin a réalisé quatre films. Tous ont été montrés sur la Croisette. En 2009, The Chaser avait été accueilli par une standing ovation de 10 minutes hors Compétition. Suivront The Murderer à Un Certain Regard en 2010 et The Strangers hors Compétition en 2016. Dix ans plus tard, le Coréen est de retour avec Hope, un blockbuster coréen qu'il aurait dû coréaliser à l'origine avec Alfonso Cuarón. Ce qui explique peut-être les noms au générique de Michael Fassbender et Alicia Vikander (mêle s'ils sont bien cachés à l'écran…).
Premier volet de ce que le Coréen présente comme une trilogie, Hope a offert un exutoire aux festivaliers qui, en séance de presse au Théâtre Debussy à 22h, s'en sont donné à cœur joie, criant, riant, applaudissant comme s'il s'agissait d'une séance de minuit.
Parodiant outrageusement le cinéma d'action hollywoodien des années 1980, Hope est tout à la fois une comédie portée par des acteurs coréens en surjeu total — avec une scène scatologique d'anthologie, très applaudie… —, un film d'action pétaradant et la promesse finale d'un grand film de science-fiction.
Formellement, la démonstration de force est très impressionnante, Na Hong-jin n'ayant pas son pareil pour rendre l'action toujours lisible, même quand il la truffe d'éléments parasites ou d'humour décalé. Sur le fond, c'est maigre. Mais c'est surtout très long et très répétitif. Mais un chouette défouloir à la moitié de la Compétition.

Hope
Science-fiction Scénario et réalisation Na Hong-jin Photographie Hong Kyung-pyo Musique Michael Abels Montage Kim Sun-min Avec Hwang Jeong-min, Jo In-sung, Jung Ho-yeon, Michael Fassbender, Alicia Vikander… Durée 2h40