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Faut-il bannir l'huile de palme de nos biocarburants?

Le soja et l'huile de palme ne pourront bientôt plus faire partie des matières premières pour les biocarburants. Applaudie, la décision de la ministre fédérale de l'Environnement laisse sceptiques des opérateurs. Zakia Khattabi et Pierre Bois d'Enghien en discutent.

Thierry Boutte
Faut-il bannir l'huile de palme de nos biocarburants?
©AFP

Oui pour Zakia Khattabi, Ministre fédérale de l'Environnement, du Climat, du Green Deal et du Développement durable.

Pourquoi avez-vous décidé d'interdire l'huile de palme comme matière première dans les biocarburants ? Et ce en 2022, soit avant 2030, date fixée par l'Union européenne ?

L'Europe demande que l'utilisation de l'huile de palme soit ramenée à zéro au plus tard pour 2030, dans ce cadre les États membres restent libres de leur timing. L'étude Globiom réalisée pour la Commission européenne a démontré que l'huile de palme engendrait trois fois plus d'émissions de gaz à effet de serre que le diesel auquel elle était ajoutée. Elle donne en outre lieu à une déforestation, y compris d'écosystèmes vulnérables comme la forêt tropicale en Malaisie. Ces réalités incitent de nombreux pays européens à entreprendre des actions contre les biocarburants issus d'huile de palme, notamment la France, les Pays-Bas, le Danemark, l'Autriche, le Portugal ou la Suède. Dans ce contexte et constatant par ailleurs que l'utilisation de l'huile de palme a été multipliée par dix sur le marché belge entre 2019 et 2020, j'ai estimé nécessaire d'agir en conséquence.

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