La voiture électrique, image de la fracture sociale ? "Le fossé va devenir de plus en plus évident"
L'accessibilité financière des véhicules électriques est un défi majeur pour les consommateurs belges.

- Publié le 27-07-2023 à 10h47
- Mis à jour le 10-08-2023 à 15h12

Depuis début 2023, les Belges semblent plus frileux à acquérir un véhicule, et encore moins électrique, révèle la dernière étude sur le marché automobile belge de Deloitte. Les raisons principales : l'inflation et l'inquiétude quant à leur capacité financière future.
Interrogés par le consultant britannique, sept consommateurs à plus faible revenu sur dix disent ne pas vouloir acheter une voiture électrique, contre six consommateurs à revenu plus élevé. "La crise actuelle influence clairement les décisions des consommateurs", analyse Aled Walker, Automotive Leader chez Deloitte Belgium. "Avec 44 % des consommateurs qui retardent encore leurs achats importants, et la plupart des véhicules électriques dont le prix démarre à 50 000 euros, le fossé entre ceux qui ont et ceux qui n'ont pas de véhicules électriques va devenir de plus en plus évident."
Le rapport de Deloitte souligne ainsi les tensions sociétales liées aux intentions d'achat de véhicules. L'intérêt des Belges pour les véhicules électriques à batterie est intrinsèquement lié à leur situation socio-économique. La prime de coût-prix est le premier obstacle qui empêche les consommateurs de passer aux voitures électriques, malgré le fait que les coûts d'entretien et de carburant sont moindres pendant la durée de vie du véhicule.
Trop faible taxation
Dans une plus large mesure, les Belges semblent moins enclins à acheter un véhicule électrique que les autres pays européens. Au premier semestre, seuls 10 % des Belges interrogés ont déclaré avoir l'intention d'acheter un véhicule électrique, contre 16 % aux Pays-Bas, 13 % en France et 15 % en Allemagne.
Un facteur qui pourrait expliquer ce constat est le faible niveau de taxation des véhicules à moteur à combustion interne en Belgique, comparé à ses voisins européens. Par exemple, les Pays-Bas exonèrent les voitures électriques de la taxe d'immatriculation, alors que les véhicules à moteur à combustion interne sont soumis à une augmentation progressive de la taxe d'immatriculation jusqu'à 50 000 euros. En outre, sous certaines conditions, les consommateurs néerlandais peuvent bénéficier de primes à l'achat d'un véhicule électrique d'occasion – ce qui est également le cas en Allemagne et en France.
Ce manque d'entrain pour l'achat d'un véhicule présage une nouvelle année difficile pour le secteur automobile belge.
