Comment Snapchat est devenu la vitrine de la pornographie, même auprès des adolescents
Les images douteuses arrivent de plus en plus facilement sur le téléphone des adolescents.
- Publié le 15-01-2025 à 11h55

Snapchat, le réseau social au petit fantôme jaune et blanc a souvent été critiqué par son caractère éphémère, permettant aux messages de n'être envoyés et lus qu'une fois. Du moins, c'était encore le cas il y a quelques années, car aujourd'hui, certains réglages faciles d'accès permettent de modifier cette fonctionnalité.
Quoi qu'il en soit, le réseau social a souvent été décrié pour être une véritable vitrine à l'intimidation, aux menaces et au harcèlement. Si les messages et autres photos disparaissent, il n'y a par définition aucun moyen de les retrouver. Et donc, les preuves disparaissent également. Ce qui rend impossible, par exemple, le contrôle parental.
Les mauvais usages sont donc récurrents sur une application avec des usagers aux intentions malveillantes. Certains vont désormais plus loin : depuis plusieurs années, des groupes sont créés afin d'y partager des photos et vidéos pornographiques. Et il se pourrait que votre adolescent en fasse partie, sans son consentement.
Les écoles mettent en garde
Évidemment, il n'est pas question de jeter la pierre sur chaque adolescent. Mais les images explicites semblent trouver facilement leur chemin vers un public cible de plus en plus jeune, sans qu'ils n'aient rien demandé.
À Bruges par exemple, une école primaire citée par nos confrères de De Morgen met en garde contre ce phénomène inquiétant dans les cours de récréation. Des jeunes enfants se retrouvent parfois sur ces groupes plus que douteux, avec "des images sexuelles qui n'étaient pas destinées à des mineurs, et qui ont même surpris un adulte", précise le directeur de l'école 'Christus Koning', Ruben Vandendriessche.
"Nous tombons également sur de tels groupes via WhatsApp ou Instagram, dès l'école primaire", explique de son côté Vere Verhoest, éducatrice sur la sexualité au centre d'expertise Pimento. Tiktok et Telegram ne sont évidemment pas en reste. Depuis juin dernier, les contenus pornographiques "produits et distribués de façon consensuelle" sont même autorisés sur X.
Difficile cependant de savoir qui se cache derrière ces groupes. Et surtout, quelles sont les motivations. Certains groupes comptent des dizaines, voire des centaines de jeunes adolescents.
L'UE avait pourtant tenté de soumettre des règles strictes aux principaux réseaux sociaux, dont Snapchat et Meta, en s'assurant notamment qu'ils mettent en œuvre les moyens nécessaires pour la protection des mineurs.
Selon Rutgers, un centre d'études néerlandais, deux-tiers des enfants de 9 à 12 ans ont déjà vu de la nudité sur internet, et même des scènes montrant de la sexualité pour un tiers d'entre eux. À l'école 'Christus Koning' de Bruges, la direction a décidé d'organiser un cours sur la gestion et la sécurité des comptes sur les réseaux sociaux.
La prévention reste donc de mise. De simples réglages dans les différentes applications permettent d'empêcher les comptes "spams" s'inviter dans les conversations, et ainsi éviter aux enfants de voir ces contenus.
