Prix, technologie, design : comment les constructeurs chinois gagnent des parts de marché en Belgique
Ils sont présents en nombre au Salon de l'Auto. Avec des offres attrayantes.

- Publié le 14-01-2026 à 10h23
- Mis à jour le 14-01-2026 à 15h03

BYD, MG, Xpeng, Leapmotor, Nio, Omoda et bien d'autres : les constructeurs chinois ont déferlé dans les stands du Salon de l'Auto, réaffirmant leur volonté de s'installer durablement sur le marché belge et européen. Et surtout de le conquérir.
"Nous avons dépassé pour la première fois la barre des 1 % de parts de marché en Belgique en 2025", se réjouit Joris Clavie, Managing Director de BYD Belux. La progression a été spectaculaire : + 75 % du nombre d'immatriculations, à 4 361 unités.

En soi, il n'y a pas de secret. BYD a sensiblement élargi son réseau de concessionnaires. "C'est un élément crucial d'être présent localement". C'est aussi une offre sans cesse plus élargie en modèles mais aussi en motorisations, le constructeur chinois ayant étendu son offre initiale exclusivement électrique aux hybrides. Les hybrides représentent d'ailleurs 30 % de ses ventes en Belgique.
Le prix reste bien entendu un argument majeur : la différence est souvent de plusieurs milliers d'euros, voire plus avec des modèles européens, tout en proposant par exemple toutes les aides à la conduite de série.
Si l'Europe espérait freiner la progression des ventes des constructeurs chinois en imposant des taxes sur les voitures électriques importées, c'est totalement loupé. "C'est le constructeur qui a pris en charge cette surtaxe", explique Bart Hendrickx, porte-parole de MG Belux, première marque chinoise en Belgique avec une part de marché de 1,44 % (+ 40,47 %). La marque propose des motorisations électriques, hybrides et essence.

"Les Chinois veulent tout simplement acheter des parts de marché en Europe, sans s'inquiéter de la rentabilité", analyse le représentant d'une marque classique.
Les Chinois ont en tout cas plus d'une flèche à leur arc. Les hybrides permettent de contourner ces surtaxes, tout en proposant une motorisation très appréciée par les particuliers européens.
Et pour encore mieux contourner l'obstacle, la meilleure solution est de construire des voitures en Europe même. C'est déjà le cas pour Xpeng, dont les modèles G6, G9 et P7 + sont assemblés dans l'usine Magna-Steyr à Graz (Autriche). Le terme "assemblés" est tout à fait justifié : les pièces viennent de Chine.

Ce sera bientôt le cas pour BYD, dont l'usine hongroise va entamer la production de la Dolphin Surf. D'autres suivront. Après un galop d'essai en Pologne, Leapmotor (groupe Stellantis) est installé à Figueruelas, en Espagne. Quatre modèles électriques y seront construits.
De plus, les Chinois ne débarquent plus avec des voitures peu ou pas adaptées au marché européen, comme ce fut le cas naguère.
L'ATTO 2 de BYD a été développée et est produite uniquement pour le marché européen. Le bureau de design de Nio est installé à Munich. Le Zeekr 7GT a été "conçue en Europe et est spécifiquement adapté aux routes européennes". "Les voitures chinoises ont toutes le même intérieur", nuance toutefois un concurrent.
Drapeau Rouge
C'est encore une technologie de pointe proposée sur les véhicules vendus en Europe. Là encore, l'explication est fort simple. Si BYD et Hongqi ("Drapeau rouge", soit le symbole du parti communiste chinois) sont des marques de voitures ayant respectivement une vingtaine et une petite cinquantaine d'années d'ancienneté, les Xpeng et les Nio sont des nouveaux venus dans le secteur automobile, qui représentent une diversification de leurs activités.
De la voiture à la voiture volante
"Nous sommes une entreprise technologique qui fait aussi des voitures", résume Jacky Gu, Chairman chez Xpeng, présent au Salon de l'Auto. "Nous ne sommes pas un constructeur traditionnel. Par rapport aux constructeurs classiques, nous investissons beaucoup dans la technologie et l'Intelligence artificielle. Nous voulons repousser les limites de la mobilité". Xpeng développe d'ailleurs une voiture volante, qui était exposée l'année dernière au Salon.

"Que ce soit une marque américaine, chinoise, japonaise, sud-coréenne ou européenne, ce n'est pas important pour le consommateur", estime Eddy Haesendonck, CEO d'Hedin Automotive, qui distribue notamment plusieurs marques chinoises sur le marché belge. "Ce qui est important pour lui, c'est qu'il obtienne un véhicule de haute technologie dont le prix rentre dans son budget".
Qui a acheté une Xpeng ? "Il y a de nombreux acheteurs venant des marques que l'on appelle des "near premium", comme Volkswagen mais aussi de Tesla", remarque l'ancien CEO de BMW Belux.

Hedin Automotive vient d'ajouter Nio et Firefly – une déclinaison de la marque Nio – dans sa palette de marques. "Nio, Firefly et Xpeng, ce sont des marques qui vont rester. Il suffit de voir l'énergie qu'ils mettent pour avoir une gamme qui colle aux attentes du public européen. C'est là où ils se distinguent par rapport à certaines autres marques."