Ces actions rendues attrayantes grâce à leur dividende
La plupart des sociétés du Bel 20 ont dévoilé leur politique de dividende à l'occasion de la publication des résultats annuels 2025. Il y a eu des bonnes et des mauvaises surprises…

- Publié le 22-03-2026 à 10h05

Faut-il choisir une action sur base du dividende ? Cette question peut paraître un peu surannée en ces temps où les investisseurs chérissent des nouveaux modes de placement du type ETF (fonds indiciels à faibles frais), qui leur apporte d'office la diversification. Et pourtant, pour ceux qui restent fervents de ce qu'on appelle le "stock picking", le dividende est un critère de choix majeur en plus d'être un élément d'information sur les perspectives de l'entreprise. Petit tour d'horizon des sociétés belges, notamment de l'indice Bel 20, qui ont déjà publié leurs résultats pour l'exercice 2025.

Pourquoi le dividende est un bon indicateur ?
Une société qui tend à distribuer un dividende en augmentation régulière inspire confiance. Celles qui y arrivent pendant 25 ans sont d'ailleurs qualifiées d'" aristocrates du dividende". Un dividende en augmentation traduit la confiance dans la croissance des bénéfices futurs (sauf s'il s'agit d'un dividende hors de proportion du bénéfice par action (pay out ratio supérieur à 100 %) ou d'une distribution exceptionnelle (réduction de fonds propres par exemple, ou distribution exceptionnelle qui arrange les principaux actionnaires. C'était le choix fait par D'Ieteren quand une famille actionnaire (les D'Ieteren) a acheté la part détenue par l'autre branche (les Périer).
"Un bon exemple en Belgique de ces aristocrates du dividende sont les holdings Ackermans & Van Haaren, Brederode, Sofina", estime Xavier Servais, administrateur délégué à la société de conseils en investissement Delande.
"Un moindre mal, notamment pour les entreprises cycliques, est de le maintenir durant les mauvaises années et de les augmenter durant les bonnes. C'est notamment la politique de Solvay", poursuit-il.
Quelles sont les bonnes surprises ?
Plusieurs sociétés, en particulier GBL ou D'Ieteren, ont annoncé des hausses de leur dividende (légèrement) plus importantes que prévu. Celui de D'Ieteren passe de 1,6 à 2 euros. C'est une petite surprise car les actionnaires pouvaient s'attendre à un dividende stable après la distribution d'un super dividende en 2024.
Pour GBL, qui est en train de complètement restructurer son portefeuille, TuyauxBourse note que la sortie en cash suite à l'octroi du dividende est plus élevée que les revenus en cash. "Par voie de conséquence, au fil des prochaines années, le management s'attend à une montée en gamme des revenus en cash issus des investissements privés", commente la feuille d'investissement.
Citons aussi Ageas qui a fixé son dividende dans le haut de la fourchette attendue, signe de confiance pour l'avenir. Le groupe d'assurance s'approche d'un rendement (calculé en divisant le dividende par le cours de bourse) de 6 %." Nous considérons le dividende actuel comme durable et anticipons encore une progression pour les années à venir", souligne la feuille d'investissement l'Investisseur.
Quelles sont les mauvaises surprises ?
Il y a eu quelques mauvaises surprises, en particulier du côté des entreprises qui ont l'Etat belge comme actionnaire de contrôle. Citons Proximus qui a fortement réduit son dividende (de 0,6 euro à 0,3 par action) et bpost qui l'a supprimé alors que l'exercice 2025 se solde par une perte de quelque 40 millions.
Le dividende de Proximus était encore à 1,5 euro il y a dix ans !. L'Investisseur ne se montre toutefois pas négatif pour Proximus même si le dividende ne devrait pas dépasser les 0,5 euro au cours des trois prochaines années. Dans le contexte actuel, les valeurs télécoms ont un profil défensif recherché par certains investisseurs.
Quels sont les rendements les plus attractifs ?
La palme revient à Solvay qui affiche un rendement de 9 %. Mais beaucoup d'analystes se demandent si la société arrivera à dégager, dans les prochaines années, le cash nécessaire pour maintenir ce niveau de dividende vu le contexte international difficile. "Les prix de la soude sont sous pressions en raison des surcapacités chinoises", souligne l'Investisseur. La même question se pose pour Syensqo, autre société contrôlée par le holding familial Solvac, qui a refroidi les marchés en annonçant des prévisions peu enthousiasmantes pour 2026.
Y a-t-il des trésors cachés ?
D'après Xavier Servais, des valeurs "à ne pas négliger pour leur rendement de dividende, sont les "SIRP" (sociétés immobilières réglementaires publiques), lesquelles ont l'obligation de distribuer 80 % de leurs revenus.
Dans cette catégorie, Delande recommande une série de valeurs, qui,elles, ne se trouvent pas dans le BEL 20. Citons Ascencio (6,06 % net) Wereldhave Belgium (5,13 % net) ou encore Home Invest Belgium (4,54 % net).
Plus la décote de l'action est importante, plus l'investissement peut s'avérer intéressant. Pour autant bien sûr que le cours monte…