Le pétrole bondit après les sanctions américaines contre la Russie : "Leurs cargaisons comportent désormais une prime de risque"
La Russie est le troisième producteur mondial de pétrole brut, derrière les Etats-Unis et l'Arabie saoudite, avec environ 11% de la production d'or noir du globe l'an dernier.

- Publié le 23-10-2025 à 09h24
- Mis à jour le 23-10-2025 à 09h30

Les Bourses européennes ont ouvert jeudi en timide hausse, les investisseurs digérant une nouvelle salve de résultats d'entreprises sur fond de tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine.
Dans les premiers échanges, la Bourse de Paris prenait 0,34%, Francfort 0,23%, tandis que Londres et Milan gagnaient 0,35%.
A Bruxelles, le Bel20 perdait 0,36%.
Kering avance de plus de 5%
Le groupe de Luxe Kering était en forte hausse à la Bourse de Paris jeudi, au lendemain de la publication de ses ventes au troisième trimestre, en baisse de 10% à 3,4 milliards d'euros, mais au-dessus des attentes du marché.
Le titre prenait 6,81% à 332,35 euros vers 09H10, dans un marché en hausse de 0,40%.
Dassault Systèmes chute de 15%
L'éditeur français de logiciels Dassault Systèmes chute en Bourse jeudi après avoir revu à la baisse ses objectifs pour 2025 en raison d'une croissance moins rapide qu'espéré.
Vers 09H20 heure de Paris, le titre Dassault Systèmes dévissait de 15,67% à 25,40 euros, dans un marché en légère hausse de 0,23%.
Le pétrole s'échauffe, les groupes russes sanctionnés
Le pétrole a bondi de presque 3% jeudi, après les sanctions américaines contre les groupes russes d'hydrocarbures, attisant les craintes de tensions sur l'offre, tandis qu'or et Bourses asiatiques reculaient de concert dans des marchés volatils.
Vers 02H15 GMT, le baril de WTI nord-américain grimpait de 2,15% à 59,77 dollars et celui de Brent de la mer du Nord 2,12% à 64,92 dollars.
Ils ont bondi de presque 3% en début d'échanges asiatiques, suivant l'annonce par le ministère américain des Finances de sanctions contre les producteurs russes d'hydrocarbures Rosneft et Lukoil.
Expliquant cette décision par "l'absence de volonté sérieuse de la Russie de s'engager dans un processus de paix afin de mettre fin à la guerre en Ukraine", Washington a par ailleurs invité ses alliés "à se joindre à (ces) sanctions".
"Cette décision met en lumière les raisons pour lesquelles les Etats-Unis ont reconstitué leurs réserves stratégiques en début de semaine: l'administration estime clairement que les prix du pétrole se situent à un niveau (...) suffisamment bas pour mettre en oeuvre des politiques susceptibles de perturber l'offre mondiale", observe Kyle Rodda, analyste du cabinet Capital.com.
La Russie est le troisième producteur mondial de pétrole brut, derrière les Etats-Unis et l'Arabie saoudite, avec environ 11% de la production d'or noir du globe l'an dernier.
"Ces sanctions ne sont pas qu'un bout de papier, elles modifient le coût du transport d'un baril" car "les cargaisons liées à Rosneft ou Lukoil comportent désormais une prime de risque impossible à couvrir", et les sanctions les coupent du "système dollar" avertit Stephen Innes, analyste de SPI Asset Management.
Or, "Rosneft et Lukoil représentent à elles deux l'essentiel des exportations de brut russe (...) et sont la plomberie de la logistique pétrolière mondiale, leurs pétroliers mélangeant, négociant et expédiant du brut qui subit des changements de pavillon et de prix une demi-douzaine de fois", explique-t-il.
Ces sanctions interviennent alors que Washington accroît sa pression sur les pays européens mais aussi sur l'Inde et le Japon - grands importateurs d'hydrocarbures - pour qu'ils cessent leurs achats d'énergie à la Russie, estimant que cela contribue à financer la guerre menée par Vladimir Poutine.
