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Dr Mukwege : "Le silence de la communauté internationale sur ce qui se passe au Congo est assourdissant"

Plus de trois ans après avoir reçu le prix Nobel de la paix, le Dr Denis Mukwege déplore que les crimes qu'il dénonçait, dont les viols de guerre, perdurent dans son pays. Il continue de développer son action pour "réparer" les victimes des violences sexuelles et à défendre, plus largement, les droits des femmes.

Olivier le Bussy, à Bukavu et Lubumbashi
Dr Mukwege : "Le silence de la communauté internationale sur ce qui se passe au Congo est assourdissant"
©Christophe Smets/La Boîte à image

"C'est parfois difficile de sentir qu'on ne peut pas s'exprimer dans son propre pays. J'avais besoin de sentir que j'étais chez moi". La voix du Dr Denis Mukwege est nouée par une émotion intense, à la mesure de l'accueil effervescent que lui a réservé une assistance d'un bon millier de personnes, rassemblées ce jeudi 2 mars dans l'amphithéâtre de l'excellence de l'Université de Lubumbashi. Elles sont venues écouter la conférence que donne le lauréat 2014 du prix Sakharov du Parlement européen et prix Nobel de la paix 2018 sur le thème "le viol comme arme de guerre". Un sujet que le gynécologue congolais ne connaît que trop bien. Situé à Bukavu, dans le Sud-Kivu, à l'est de la République démocratique du Congo (RDC), l'hôpital de Panzi que dirige le Dr Mukwege a pris en charge depuis 1999 plus de 70 000 victimes de violences sexuelles commises par des groupes armés, congolais et étrangers, avec, parfois, une sauvagerie qui dépasse l'entendement.
Denis Mukwege parcourt le monde pour parler de ce fléau qui détruit les femmes physiquement, psychologiquement, saccage familles et communautés, et pour défendre la cause des victimes. Il va à présent partir en "tournée académique" à Kisangani, Goma, Kinshasa, Bukavu, dans ce Congo où sa voix porte plus difficilement. Ciblé par de puissants ennemis que ses accusations dérangent, il vit confiné dans l'enceinte de son hôpital, protégé par les troupes onusiennes de la Monusco. C'est là qu'il a accordé un entretien à La Libre, poursuivi à Lubumbashi, une semaine plus tard.

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