Qu'est-ce que la force Sabre, cette unité militaire spéciale française priée de quitter le Burkina Faso?
Le ministère français des Affaires étrangères a confirmé la demande exprimée par la junte burkinabée.

- Publié le 25-01-2023 à 20h19
- Mis à jour le 26-01-2023 à 14h28

C'est désormais officiel et définitif, la France a annoncé qu'elle allait retirer "d'ici un mois" ses troupes du Burkina Faso après avoir reçu officiellement la dénonciation des accords de défense signés en 2018 liant les deux pays.
La junte au pouvoir à Ouagadougou avait annoncé ce lundi cette décision mais le président Macron et le ministre français de la Défense avaient préféré temporiser en attendant une démarche officielle des autorités burkinabée. C'est chose faite depuis ce mardi 24 janvier.
"Ce que nous dénonçons, c'est l'accord qui permet aux forces françaises d'être présentes au Burkina Faso. Il ne s'agit pas de la fin des relations diplomatiques entre le Burkina Faso et la France", a déclaré le porte-parole du gouvernement burkinabé, Jean-Emmanuel Ouédraogo, dans une interview sur la Radio-Télévision du Burkina (RTB).
Le Burkina héberge actuellement un contingent de près de 400 forces spéciales françaises, la force Sabre. Ces derniers auront quitté le pays "d'ici fin février" et le retrait de tous les matériels devrait être achevé "fin avril", a affirmé une source proche du dossier.
Une unité des forces spéciales
Rattachée au Commandement des opérations spéciales (COS), cette unité opérationnelle interarmées de 400 militaires constitue le déploiement le plus important de forces spéciales hors de l'Hexagone, en nombre et en longévité.
Basée près de Ouagadougou, cette force a œuvré contre les djihadistes sur l'ensemble de la bande sahélo-saharienne. Mais sa zone d'exercice s'est rétrécie après le retrait en 2022 de l'armée française du Mali et désormais du Burkina Faso. Créée en 2009, la Task Force Sabre est déployée pour répondre à une série de prises d'otages et à une attaque contre l'ambassade française en Mauritanie. En août 2009, un djihadiste avait commis un attentat suicide devant l'ambassade, blessant deux gendarmes français et une Mauritanienne, un mois et demi après l'assassinat d'un ressortissant américain.
Active dans plusieurs pays sahéliens, la force Sabre a fini par s'établir sur la base de Kamboinsin, en périphérie de Ouagadougou ce qui lui permettait d'être aussi à proximité du Mali, autre pays touché par le développement du djihadisme. C'est d'ailleurs cette force qui, pendant deux semaines, en attendant le déploiement de la force française Serval (qui deviendra Barkhane par la suite), a affronté seule, avec les militaires maliens, une offensive djihadiste qui visait Bamako en janvier 2013.
Composée au départ de quelques commandos, la force Sabre s'est élargie au fil des années tout en gardant des effectifs relativement réduits, ce qui lui a toujours permis une souplesse et évidente rapidité de déploiement, devenant ainsi la force qui est intervenu sur différentes prises d'otages.