Au cœur de l'aide d'urgence à Marrakech: "Énormément d'habitants demandent des linceuls pour enterrer leurs morts"
Avec des milliers d'autres personnes, Souha vient en aide aux sinistrés du tremblement de terre qui a dévasté le Maroc. Cette Belgo-marocaine détaille la solidarité "inouïe" qui règne au sein de la population.

- Publié le 11-09-2023 à 22h21

"S'il faut retenir une chose de l'après-tremblement de terre, c'est la solidarité inouïe qui règne au sein de la population marocaine et des expatriés", explique Souha, une Belgo-marocaine installée depuis un an à Marrakech. Au moment de notre appel téléphonique, elle était en chemin vers la ville dévastée d'Amizmiz pour apporter des vivres et des biens de première nécessité aux innombrables victimes prises au piège.
La neige arrivera dans quelques semaines dans les villages reculés
"Tout au long de la route, on ne voit que de 4x4 pleins à craquer pour acheminer des vivres dans les villages reculés. Pour pouvoir y accéder, nous avons besoin d'une autorisation afin d'éviter d'encombrer les routes pour assurer une fluidité. L'aide d'urgence est bien structurée", explique cette jeune maman. "Les gens ont besoin de nourriture, de tapis, de matelas, de couvertures, de tente, de lampes de poche, de bonbonne à gaz, de groupes électrogènes, de matériel médical de premiers secours. D'ici quelques semaines, il va commencer à neiger dans les villages reculés situés dans les hauteurs et les maisons ne seront pas reconstruites d'ici là."
Les écoles, terrasses et commerces ont rouvert
Du côté de Marrakech, la vie reprend doucement ses droits. "Les écoles ont rouvert, les terrasses et commerces aussi. Tout le monde s'investit comme il peut pour apporter de l'aide. Les parkings sont bondés de gens qui viennent déposer des denrées, de la nourriture. Nombreux sont ceux qui dorment dans des parcs et parkings de peur de retourner dans leur habitation. Les travaux de déblaiement se poursuivent pour tenter de retrouver des survivants. C'est surtout dans la Medina que la situation est dramatique avec de nombreux bâtiments classés et minarets qui se sont effondrés. De nombreuses familles traditionnelles y vivent encore", détaille Souha.
Les citoyens mettent à disposition leur appartement, leur riad, pour ceux qui ont tout perdu tandis que des hôtels sont réquisitionnés pour héberger les sinistrés. "Enfin, énormément d'habitants demandent des linceuls pour enterrer leurs morts, des choses auxquelles on ne pense pas du tout", conclut-elle.
