Qui est Franziska Giffey, première femme à la tête de Berlin ?
À la tête d'une coalition de gauche, la sociale-démocrate prend la tête d'une ville en pleine transformation.
- Publié le 21-12-2021 à 23h02

Franziska Giffey entre dans l'histoire. Cette sociale-démocrate de 43 ans est la première femme à devenir bourgmestre et gouverneure de la ville-État de Berlin, depuis Louise Schröder, placée à la mairie de la ville par les alliés entre 1947-1948. Franziska Giffey, elle, doit sa fonction au vote des Berlinois, qui ont renouvelé leur Parlement régional en septembre. Elle a été investie officiellement à ce poste mardi 21 décembre. Originaire du Brandebourg voisin, Franziska Giffey est aussi la première personnalité originaire de l'ex-RDA à diriger la capitale réunifiée.
Cette élection est, pour elle, un beau pied de nez à ses opposants. En mai dernier, alors ministre fédérale de la Famille, elle démissionne, accusée de plagiat dans la rédaction de sa thèse universitaire. Toujours souriante, Franziska Giffey ne tire toutefois pas un trait sur sa carrière et affirme vouloir "regarder vers l'avant". Berlin sera sa porte de sortie.
À l'époque, le parti social-démocrate (SPD) local, au pouvoir depuis vingt ans, est au plus bas dans les sondages. Franziska Giffey, très appréciée malgré cette affaire de plagiat, est nommée tête de liste du SPD pour les régionales. Son atout : elle connaît Berlin comme sa poche. À 32 ans, elle est devenue sénatrice en charge de l'Enseignement pour l'arrondissement multiculturel de Neukölln, avant d'en être élue maire, à 36 ans. Certes, les élections régionales de septembre se révèlent décevantes pour le SPD, mais le parti arrive quand même en tête, grâce à la populaire Franziska Giffey. Tenante d'une ligne centriste, celle-ci a toutefois dû se plier aux desiderata de sa formation, plus à gauche, en concluant une coalition avec les écologistes et la gauche radicale.
Les défis qui l'attendent à la tête de cette ville de 3,8 millions d'habitants sont de taille. À commencer par la gestion de la pandémie et la campagne de vaccination, des missions qui sont du ressort des Bundesländer. Elle devra aussi répondre à la gentrification galopante d'une capitale autrefois qualifiée de "pauvre mais sexy" et faire passer Berlin vers la neutralité carbone. Cinq ans ne seront pas de trop.