Une famine organisée et un quota "nécessaire" de Palestiniens par Israélien tué : "le résultat intentionnel des plans et politiques" d'Israël
Amnesty accuse Israël d'opérer une campagne délibérée visant à affamer les Gazaouis et un ex-général prononce une sentence "indispensable".

- Publié le 18-08-2025 à 19h10
- Mis à jour le 18-08-2025 à 19h55

Après avoir accusé Israël, en décembre dernier, de commettre des actes contraires à la convention sur le génocide contre la population palestinienne de la bande de Gaza, Amnesty International a affirmé lundi que l'État juif mène une "campagne de famine délibérée" dans ce territoire aujourd'hui dévasté après 22 mois de guerre. Cela fait des mois que l'Onu et de nombreuses ONG mettent en garde contre une famine imminente dans le territoire palestinien en guerre. Israël précise pourtant n'avoir décelé "aucun signe d'un phénomène de malnutrition généralisée", ainsi que le précisait la semaine dernière le Cogat, l'organisme du ministère israélien de la Défense chargé des affaires civiles dans les territoires palestiniens occupés.
"Cette combinaison mortelle de la faim et de la maladie n'est pas une conséquence malheureuse des opérations militaires israéliennes", affirme l'ONG de défense des droits de l'homme, qui insiste sur le caractère délibéré de cette campagne de famine. "C'est le résultat intentionnel de plans et de politiques qu'Israël a conçus et mis en œuvre, au cours des 22 derniers mois, pour infliger délibérément aux Palestiniens de Gaza des conditions de vie calculées pour entraîner leur destruction physique – ce qui fait partie intégrante du génocide en cours d'Israël contre les Palestiniens à Gaza", indique-t-elle dans son communiqué.
Parmi les dégâts humains qu'elle a provoqués, cette campagne a occasionné la mort de 1 965 Palestiniens lors des seules distributions d'aide humanitaire, sur les 62 004 personnes tuées au total depuis le début de la guerre, selon un chiffre révélé ce lundi par les autorités gazaouies. Et elle détruit "systématiquement la santé, le bien-être et le tissu social" à Gaza, ajoute l'organisation dans son rapport d'enquête, après avoir mené des entretiens avec dix-neuf Gazaouis vivant dans des camps de déplacés et deux membres du personnel médical traitant des enfants souffrant de malnutrition.
Cinquante Palestiniens pour un Israélien
Le caractère délibéré des actions opérées par Israël apparaît au grand jour dans un enregistrement audio d'un haut responsable militaire publié sur une chaîne de télévision israélienne et repris par son homologue américaine CNN. On y entend la voix de l'ancien chef du renseignement militaire d'Israël justifier la mort de dizaines de milliers de Palestiniens de la bande de Gaza, qu'il qualifie de "nécessaire et indispensable pour les générations futures".
"Pour tout ce qui s'est passé le 7 octobre, pour chaque personne tuée ce 7 octobre, 50 Palestiniens doivent mourir", a décidé le général de division des Forces de défense israéliennes (FDI) Aharon Haliva, dans l'un des enregistrements diffusés vendredi par la Douzième chaîne d'information israélienne. "Peu importe maintenant qu'il s'agisse d'enfants", ajoute-t-il dans ce qui sonne comme un verdict péremptoire. "Il n'y a pas d'autre choix : de temps à autre, ils ont besoin d'une Nakba pour en ressentir le prix" à payer, dit-il encore, en référence à la "catastrophe" palestinienne, soit l'expulsion de quelque 700 000 personnes de leurs terres au moment de la création de l'État d'Israël.
"Le fait qu'il y ait déjà 50 000 morts à Gaza est nécessaire et indispensable pour les générations futures", déclare le général Haliva dans les enregistrements. Ceux-ci ne sont pas datés mais le bilan à Gaza a dépassé ce nombre en mars dernier. Le mois suivant, le général Haliva avait annoncé sa démission de la direction du renseignement militaire israélien (Aman), estimant avoir failli à sa mission de transmettre au commandement de l'armée et au gouvernement les données permettant d'éviter la tragédie du 7 octobre 2023. Il fut le premier haut gradé de Tsahal à opérer une telle mise en retrait.
