Donald Trump annonce dix jours de cessez-le-feu entre Israël et le Liban. Un préalable à une paix avec l'Iran ?
Alors que les pourparlers entre les États-Unis et l'Iran patinent, le Liban avait opposé une fin de non-recevoir à une rencontre téléphonique avec Israël, présentée en fanfare par Washington. Le président américain annonce désormais une rencontre à la Maison-Blanche.

- Publié le 16-04-2026 à 18h39
- Mis à jour le 16-04-2026 à 22h21

Mercredi soir, le président américain Donald Trump affirmait sur son réseau social Truth Social que le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou et le président libanais Joseph Aoun devaient s'entretenir par téléphone ce jeudi. Information relayée quelques heures plus tard par Gila Gamliel, ministre israélienne des Sciences et des Technologies.
Mais l'annonce a fait long feu. Si Joseph Aoun a souligné dans un communiqué que le cessez-le-feu constitue "l'entrée en matière naturelle de négociations directes entre les deux pays", un fonctionnaire libanais a déclaré à la chaîne télévisée américaine CNN avoir "fait savoir aux États-Unis que nous ne sommes pas encore prêts à franchir cette étape".
Le retournement est survenu ce jeudi en fin de journée. Donald Trump a en effet annoncé sur Truth Social qu'il venait de s'entretenir avec Joseph Aoun et Benyamin Netanyahou, et que "ces deux dirigeants ont convenu d'entamer officiellement un cessez-le-feu de dix jours" à partir de 23 heures, heure de Bruxelles. Il va en outre inviter le Premier ministre israélien et le président libanais à se rencontrer à la Maison-Blanche. "Cela a été pour moi un honneur de résoudre neuf guerres à travers le monde", a ajouté en toute modestie le président américain, "et celle-ci sera ma dixième".
Une annonce saluée par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et la présidence française.
De son côté, le Hezbollah libanais a déclaré à l'Agence France Presse qu'il respecterait le cessez-le-feu, à condition qu'Israël arrête complètement les hostilités, dont les assassinats qui visent ses membres.
Plus de négociations directes depuis 34 ans
Les deux pays n'ont plus eu de négociations directes depuis 1992, dans le sillage de la Conférence internationale de Madrid qui, sous égide américano-soviétique, avait lancé un processus de paix au Proche-Orient. Ce cycle avait notamment abouti aux accords d'Oslo entre Israël et l'Organisation de Libération de la Palestine de 1993.
Pourparlers irano-américains
Un haut responsable américain avait indiqué mercredi que si Donald Trump jugerait "bienvenue la fin des hostilités au Liban" dans le cadre d'un accord de paix avec Israël, ce volet restait distinct des négociations en cours avec Téhéran.
Le porte-parole des Affaires étrangères pakistanaises, Tahir Andrabi, et le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, ont de leur côté plaidé pour un cessez-le-feu au Liban comme préalable à tout accord avec l'Iran.
Sur ce point, une deuxième série de pourparlers avec les États-Unis est prévue ce week-end à Islamabad, au Pakistan, après l'échec des négociations de la semaine précédente. C'est du moins ce qu'affirme Tahir Andrabi, précisant que son pays maintient des "canaux de communication ouverts avec les parties concernées".
Deuxième manche à Islamabad ?
Les tractations pour une possible reprise des pourparlers irano-américains n'ont fait que se renforcer quand des médias publics iraniens ont rapporté qu'Asim Munir, le chef de l'armée pakistanaise, s'était entretenu jeudi avec Mohammad Bagher Ghalibaf.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a affirmé sur X que Téhéran était déterminé à promouvoir la paix et la stabilité dans la région. Tandis que la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, qualifiait mercredi les discussions de "productives et en cours", ajoutant être "optimiste quant aux perspectives d'un accord".
Une deuxième série de pourparlers entre Washington et Téhéran serait prévue ce week-end à Islamabad
Un optimisme que tempère Pete Hegseth. Le ministre américain de la Défense a réaffirmé que Washington maintiendra son blocus des ports iraniens, en vigueur depuis lundi, "aussi longtemps qu'il faudra", menaçant de nouveaux bombardements si Téhéran "fait le mauvais choix". Son homologue israélien, Israël Katz, a abondé dans le même sens, prévenant que si l'Iran rejetait la proposition américaine lui demandant de renoncer à "l'armement nucléaire", Israël mènerait des frappes "encore plus douloureuses" contre de nouvelles cibles.