"En Bolivie, j'ai vu l'implication de ces professeurs, l'amour, la passion. Certains pleuraient en nous parlant"
Après le concours qui visait à emmener un lecteur de La Libre en Bolivie avec l'ONG d'éducation Via Don Bosco, une conférence abordera le récit du voyage ainsi que les problématiques défendues par l'ONG belge dans ce pays, telles que l'éducation, la lutte contre la précarité et l'insertion professionnelle des jeunes.

- Publié le 15-11-2024 à 19h57

Au mois de juin 2024, La Libre Belgique lançait un grand concours inédit adressé à ses lecteurs : partir en Bolivie, en compagnie de l'ONG belge Via Bosco, afin de découvrir le travail de celle-ci auprès de la population. L'objectif de l'ONG spécialisée dans l'éducation était d'emmener sur place quelqu'un de la "société civile", totalement extérieur au domaine de l'humanitaire, afin d'apporter un regard neuf sur l'aide que l'ONG offre auprès des écoles du réseau salésien local, qui fournissent un enseignement technique aux jeunes vulnérables entre 15 et 25 ans environ. Grâce à sa "tchatche", sa curiosité, son ouverture aux autres, c'est Audrey Salina, 41 ans, qui a été sélectionnée parmi des centaines de candidatures. Le voyage a eu lieu en septembre et l'heure est maintenant au compte rendu.
La lauréate participera à une conférence-bilan ouverte aux lecteurs de La Libre, ce 20 novembre à 19 heures dans nos locaux. Des journalistes de La Libre et des membres de Via Don Bosco interviendront, suite à la diffusion d'un documentaire de 20 minutes réalisé sur place. Une façon aussi de découvrir un pays relativement inconnu et qui subit en ce moment de multiples crises : environnementale, politique, économique… "Aux gens qui assisteront à la conférence, je voudrais parler vraiment de cette vaillance que j'ai rencontrée sur place, dans les écoles et parmi les gens que nous avons vus, explique d'abord Audrey Salina. C'étaient des personnes munies d'un telle courage, très impliquées. J'ai rarement vu des personnes avec si peu avoir autant de force."

"Il aurait poussé les murs pour accueillir plus d'élèves"
Cette fonctionnaire originaire du Brabant wallon qui a l'avantage de parler l'espagnol, la langue locale, a été marquée par quelques personnalités en particulier, notamment parmi les professeurs ou les "maîtres de stage" avec qui le groupe a régulièrement pu échanger. Comme ce garagiste de Santa Cruz qui accueillait en stage dans son atelier les élèves d'une école technique salésienne soutenue par Via Don Bosco. "J'ai vu l'implication de ces professeurs, l'amour, la passion. Ce garagiste pleurait en nous parlant. Lui-même y était "arrivé" et aurait repoussé les murs de son garage pour accueillir encore plus d'élèves qu'il pourrait aider. Il avait une dévotion incroyable à son travail et à cette passation de connaissance. C'était plus profond que ça : je me souviendrai toujours qu'il a dit : "j'essaye de débroussailler le chemin pour qu'ils n'aient pas les mêmes difficultés que moi"." Cette maman d'un enfant à haut potentiel, et qui a connu les difficultés de trouver un milieu scolaire "humain" pour un enfant avec des besoins spécifiques, a aussi été séduite par l'approche éducative du réseau salésien (fondé par les religieux de Don Bosco) : au-delà de la compétence et des notes, les écoles se concentraient sur la confiance en soi, quel que soit le passé du jeune. "C'est vraiment le fait que peu importe d'où tu viens, peu importe ce qu'on a pu casser en toi, peu importe ce qui a pu t'arriver (viols, abandons de parents…), tu as le droit d'être heureux. Tu as le droit à la réussite. Tu as le droit d'être bien. Je trouve que dans toutes les écoles où nous sommes allés, c'était le vecteur. Il s'agissait vraiment de la reconstruction, plus que de la personnalité, de l'âme, du cœur, de la croyance en soi."
Théoriquement, après 20 ans de présence, les équipes de Via Don Bosco quitteront la Bolivie en 2026. L'objectif de l'ONG est en effet de rendre autonomes les bénéficiaires après un certain temps. Sauf qu'en Bolivie, la crise est passée par là… "C'est évidemment positif de viser l'autonomie à long terme, c'est redonner du pouvoir aux gens sur leurs capacités, juge Audrey Salina. Mais je pense que Via Don Bosco ne devrait pas sortir tout de suite, certainement pas en pleine crise économique ! Je crains que certains projets ne disparaissent par manque de financement…"

Programme de la soirée :
- Accueil : 18 h 45
- Début : 19 h 00
- Durée : 1 h 30 maximum
- Drink : 20 h 30
Inscriptions (obligatoires) à la conférence gratuite : https://lalibre.viadonbosco.org/laura/