Un psychiatre a été violent et harceleur envers sa compagne à Arlon, mais demande son acquittement
Le psychiatre est poursuivi à Arlon pour coups et blessures, menaces avec un couteau et harcèlement. Mais son avocate demande son acquittement en raison de sa "démence passagère".
- Publié le 13-06-2023 à 08h14

20 décembre 2020. Un promeneur découvre une voiture embourbée dans la forêt. Il le signale à la police. La voiture appartient à une mère de famille, maman de cinq enfants.
En pleine détresse, durant la nuit, cette dame a quitté le domicile conjugal et avec sa petite dernière sous le bras, un bébé de quelques mois, "elle va errer en forêt durant des heures et sera heureusement prise en charge par une automobiliste au bord d'une route vers 1 h de l'après-midi. La maman sanglotait et a dit craindre pour sa vie."
Telle est l'évocation triste de cette scène par le substitut du procureur du roi Yannick Rosart, ce lundi devant le tribunal correctionnel d'Arlon.
Le magistrat du parquet poursuit: "Deux mois plus tard, le 17 février 2021, la victime va porter plainte à la police contre son ex-compagnon (et papa aussi du bébé), pour différents faits de violence et harcèlement. La victime déposera notamment 2 photos, l'une avec des traces de strangulation et l'autre avec la bouche en sang."
La victime et le prévenu ont vécu ensemble deux ans, de la fin 2018 à la fin 2020. Une relation très particulière "puisque Monsieur était le psychiatre de Madame puis est devenu son compagnon. Ma cliente était en couple auparavant avec une autre personne lui aussi patient du psychiatre. Cet ex-compagnon décrit clairement que le psychiatre a tout fait pour casser leur couple et a fait des avances à ma cliente", plaide Me Céline Truc, partie civile.
Celle-ci demande une expertise psychologique pour sa cliente, victime de la relation très toxique pendant deux ans avec le psychiatre, souvent sujet à des crises de violence physique ou verbale dues à son état dépressif et à la consommation d'alcool.
Le parquet réclame un an de prison contre le psychiatre, mais n'est pas opposé à un sursis probatoire.
Le psychiatre acquitté ?
Me Lyse Thirion, pour la défense, plaide carrément l'acquittement.
Elle estime que l'état dépressif grave de son client et son assuétude à l'alcool l'ont entraîné dans un état de démence passager et donc non responsable de ses actes.
"D'ailleurs, la victime elle-même reconnaît dans ses messages que mon client souffrait de cet état. J'ajouterai que la victime a continué tout au long de l'année 2021 à envoyer des SMS équivoques à mon client (le psychiatre) et que malgré leur séparation, ils ont poursuivi une relation affective ", dit encore Me Thirion.
Le jugement sera rendu le 5 juillet.