Georges-Louis Bouchez, ministre-Président wallon ? Le scénario perd en probabilité : "C'est mieux pour le MR et pour lui"
Le patron du MR sera réélu à la tête du parti le 15 juillet prochain. Il ne devrait pas quitter l'avenue de la Toison d'Or à Bruxelles pour l'Élysette à Namur. Voici les raisons de ce probable changement de direction dans son destin personnel.

- Publié le 04-07-2024 à 17h02
- Mis à jour le 04-07-2024 à 17h48

Rapidement, après la grande victoire du MR aux élections, un bruit avait circulé dans la sphère politique : Georges-Louis Bouchez, président des libéraux francophones, envisageait de quitter l'avenue de la Toison d'Or, siège du parti à Bruxelles, pour l'Élysette. Ce scénario était composé comme un Lego dont les pièces s'emboîtaient parfaitement : Georges-Louis Bouchez aurait placé à la tête du MR un ou une intérimaire et aurait contrôlé depuis Namur le gouvernement wallon tout en gardant l'appareil libéral sous sa férule.
Cette hypothèse a été très sérieusement envisagée mais, désormais, semble moins probable. Les négociations entre le MR et Les Engagés en Wallonie et à la Fédération devraient connaître une phase d'accélération la semaine prochaine et c'est un autre libéral qui devrait s'emparer de la ministre-Présidence wallonne (Adrien Dolimont ou Pierre-Yves Jeholet sont cités).
Un combat culturel à mener
Pourquoi renoncer ? Plusieurs raisons. Tout d'abord, Georges-Louis Bouchez est particulièrement à l'aise dans son rôle de président. Cette position surplombante est idéale pour mener le combat des idées, la guerre culturelle contre la gauche. Un patron de parti n'est pas obligé de marcher sur des œufs et peut en permanence rappeler la ligne de sa formation dans les interviews, les débats. Un ministre, et a fortiori un chef de gouvernement, doit ménager ses partenaires de majorité et se montrer plus consensuel.
Au MR, on a conscience que le triomphe du 9 juin est dû pour une partie importante au "style Bouchez" : rappeler en permanence la doctrine libérale, quitte à se fâcher avec ses alliés au sein des majorités. Cette méthode polarise, parfois isole celui qui l'applique, mais a le mérite de maintenir le cap politique. L'Open VLD, le parti frère du MR, est aujourd'hui en grande difficulté pour avoir laissé ses convictions se diluer dans la majorité Vivaldi.
Avec Georges-Louis Bouchez pour cinq ans de plus à la tête du parti, les bleus francophones espèrent rejouer en 2029 la même partition qu'aux dernières élections."Le mieux pour le parti et pour lui, c'est qu'il reste à la présidence, analyse une source MR. Il pourra continuer à imprimer sa marque politique. Même s'il met un intérimaire à sa place, il ne serait plus tout à fait maître de son destin. La décision n'est pas encore prise, des éléments peuvent encore jouer mais il est de plus en plus probable qu'il reste président." Pour rappel, des élections internes au MR ont été organisées et Georges-Louis Bouchez, seul candidat, sera réélu le 15 juillet.
Mons en tête
Par ailleurs, le jeune Montois pourrait nourrir des ambitions communales. On vote le 13 octobre pour les élections locales et il voudra probablement prendre sa revanche en s'emparant du mayorat occupé par le passé par l'un de ses modèles, Elio Di Rupo. Le 19 avril 2016, Georges-Louis Bouchez, alors échevin des Finances, apprend sur X (ex-Twitter) que le PS se sépare des libéraux au sein du collège communal. Cette alliance qui avait duré 16 ans a pris fin sans avertissement. Et les socialistes présentaient leur décision comme étant le résultat du comportement infernal du jeune loup du MR dans le jeu politique local.
Huit ans plus tard, l'échevin éconduit pourrait tenter de renverser la table. Or, il ne pourra pas exercer un mandat effectif de bourgmestre et de ministre-Président wallon en même temps. Par contre, être bourgmestre et président de parti reste possible. C'est par exemple le cas de Paul Magnette, qui cumule le boulevard de l'Empereur et le mayorat carolo.
