Georges Gilkinet fustige le chapitre mobilité de l'accord de gouvernement : "Le retour des travaux inutiles"
Le ministre fédéral sortant ne mâche pas ses mots. Il s'attaque particulièrement à la partie "mobilité" du texte, auprès de La Libre ce dimanche.
- Publié le 02-02-2025 à 17h12
- Mis à jour le 02-02-2025 à 21h49

"Le retour des travaux inutiles et la reprise du démantèlement du service ferroviaire !", attaque d'emblée l'écologiste. Avec des mots cinglants, Georges Gilkinet critique -sans détour- les projets du nouvel exécutif. Si le Namurois salue le maintien du contrat de service public signé avec la SNCB et de performance d'Infrabel, il souligne "les options particulièrement inquiétantes qui contredisent les intentions déclarées".
On peut se demander de quel cerveau de poète ou d'ingénieur elle est sortie. La gare de Mons n'a-t-elle pas servi de leçon ?
Un ingénieur ou un poète ?
Un élément en particulier se voit pointé du doigt : le raccordement ferroviaire à l'aéroport de Charleroi (BSCA) qu'il qualifie d'option "la plus spectaculaire". Avec un brin d'humour, le (bientôt) ex-ministre de la Mobilité tire à boulets rouges sur ce projet : "On peut se demander de quel cerveau de poète ou d'ingénieur elle est sortie. La gare de Mons n'a-t-elle pas servi de leçon ? Ce raccordement est loin d'être la priorité, il serait démesurément coûteux et risquerait, s'il est effectivement mis en œuvre, de remettre en question des travaux autrement importants et urgents, comme la finalisation du RER ou de la modernisation de la ligne 162 entre Namur et Luxembourg du côté wallon. Tout le contraire de ce que nous avons réalisé en offrant enfin une programmation à moyen terme aux entreprises ferroviaires mais aussi à leurs sous-traitants privés !".

Dur. Georges Gilkinet l'est aussi avec la volonté de supprimer HR Rail, l'employeur juridique commun du monde du chemin de fer. Ou encore avec les tableaux budgétaires et la possible fermeture de points d'arrêt. La liste s'avère longue. " Si la SNCB et Infrabel redeviennent des variables d'ajustement budgétaire de l'État belge, comme cela s'annonce, ça ne servira à rien de prétendre qu'on veut un transfert modal vers le train".
Il poursuit : "Dans un pays aussi embouteillé que le nôtre, au vu du retour sur investissement dans le rail et dès lors que les moyens nécessaires sont enfin sur la table, il est essentiel de terminer ce qui a été commencé en matière infrastructurelle (RER, Bruxelles-Luxembourg, désenclavement du port d'Anvers) du côté d'Infrabel et de faire rouler les trains supplémentaires prévus dans le Contrat de Service Public de la SNCB. Ce qui apparaît entre les lignes de l'accord, c'est la volonté de l'Arizona de s'asseoir sur cette ambition, alors que les engagements pris sont indispensables sur le plan économique, social et environnemental. Ce serait une catastrophe !".