Icon payantArticle réservé aux abonnés

"Le Guatemala est un pays où être homosexuel est une abomination"

08 February 2019, Berlin: 69th Berlinale: Jayro Bustamante, director, is at the press conference for the film "Temblores". The film is shown at the International Film Festival in the category "Panorama". Photo: Gregor Fischer/dpa Reporters / DPA
08 February 2019, Berlin: 69th Berlinale: Jayro Bustamante, director, is at the press conference for the film "Temblores". The film is shown at the International Film Festival in the category "Panorama". Photo: Gregor Fischer/dpa Reporters / DPA ©Reporters / DPA

En 2015, la Berlinale attribuait le prix Alfred Bauer à Ixcanul , premier film épatant signé Jayro Bustamante. Quatre ans plus tard, le cinéaste guatémaltèque était de retour à Berlin, en ouverture du Panorama, avec Temblores, un second long métrage très différent, une farce amère sur la répression de l'homosexualité.

Pour écrire son scénario, le réalisateur de 41 ans s'est inspiré de ce qu'il a observé autour de lui dans la bonne société guatémaltèque, très traditionaliste, où le rôle des églises est crucial. Ce sont elles qui gèrent ces cures pour "soigner" son homosexualité qu'il décrit dans son film. "Il existe beaucoup de types de traitements de l'homosexualité. Une des églises en propose un intitulé 'Stop à la souffrance', très célèbre dans toute l'Amérique latine. Il faut payer et promettre de ne plus jamais avoir de relations homosexuelles, tout en traversant une arche de ballons colorés… Si on craque à nouveau, il faut repayer et retraverser l'arche, rigole Bustamante. Il y a ce genre de choses mais aussi la castration temporaire. Pour les catholiques, cela ne se fait pas directement au sein de l'Église, qui travaille avec des institutions proposant ce genre de services, comme des cliniques de désintoxication. Dans les églises évangéliques, c'est plus encadré. Certaines grosses églises ont une Christothèque, une discothèque où l'on va danser sur de la musique chrétienne, ou des jardins d'enfants… Nous sommes un pays où l'État n'offre rien à ses citoyens. Ce sont donc les églises qui compensent. C'est compliqué car elles font beaucoup de choses dans un pays où l'individu est vraiment seul, même pour le système de santé. Si vous n'avez pas de carte de crédit, vous ne pouvez pas rentrer à l'hôpital au Guatemala ! Les églises sont là pour ça. Mais le prix à payer pour faire partie de ces communautés est très élevé."

Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.
Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...