Emmanuel Marre revient à Cannes avec "Notre Salut"
Ce drame, inscrit dans la France de Vichy et porté par Swann Arlaud, est coproduit par la Belgique.

- Publié le 15-05-2026 à 13h34

C'est dans l'histoire de son aïeul que le cinéaste Emmanuel Marre, Français basé à Bruxelles, est allé puiser la matière de son nouveau film. Le réalisateur dévoilera à Cannes, mercredi prochain, Notre salut, son premier film en solo.
Ce drame retrace le destin d'un homme tentant de se faire une place dans les rouages du régime collaborationniste de Vichy. Une histoire inspirée de celle d'Henri Marre, campé par Swann Arlaud.
Ce long métrage prolonge la réflexion portée par le film Les Rayons et les ombres, sur la vie du journaliste collabo Jean Luchaire, joué par Jean Dujardin. Une partie de l'Histoire de France encore peu présente sur les écrans.

Ce n'est pas la première fois qu'Emmanuel Marre est invité sur la Croisette. En 2021, il y dévoilait à la Semaine de la critique le formidable Rien à foutre, coréalisé avec Julie Lecoustre et porté par Adèle Exarchopoulos, en hôtesse de l'air d'une compagnie low cost cherchant à masquer son profond mal-être par une fuite en avant.
Le duo revendiquait avoir "pensé et fabriqué" ce film et pas l'avoir "écrit et réalisé" comme on le fait classiquement. Repéré grâce au moyen métrage D'un château l'autre, imaginé en 2018, le tandem a une façon de travailler particulière, proche du documentaire. Refusant l'idée même de scénario, il cherche à faire exister le film au moment du tournage, faisant évoluer l'histoire en fonction des lieux et des interprètes. Un procédé entraînant une justesse souvent bluffante comme en témoigne Rien à foutre, extrêmement proche du réel.
Après un Master en littérature obtenu à Paris, Emmanuel Marre (1980) a intégré l'Institut des Arts de Diffusion (IAD) et obtenu un Master en réalisation en 2008. Il vit et travaille à Bruxelles, partageant son temps entre cinéma documentaire et fiction.
Son nouveau film se veut respectueux de l'Histoire et aborde frontalement les questions politiques qui s'imposent. Un positionnement qu'Emmanuel Marre adopte aussi hors des plateaux : il a cosigné l'appel contre la mainmise de Bolloré sur le cinéma français, paru ce 13 mai dans le journal Libération.