Véronique Gallo : "Ma rencontre amoureuse avec une femme a bouleversé ma vie"
Il y a des moments, des rencontres qui bouleversent une existence. L'humoriste et écrivaine belge Véronique Gallo, divorcée et maman de trois enfants, nous raconte son "coup de foudre" pour celle qui partage sa vie depuis deux ans, Caroline.

- Publié le 31-01-2026 à 21h14

En pleine tournée promo de son nouveau one-woman-show, La vraie vie, l'humoriste et écrivaine belge Véronique Gallo a accepté de nous raconter un moment, une rencontre qui a changé son existence. Le hasard fait parfois bien les choses : notre demande d'interview s'inscrit pile-poil dans la thématique principale qui traverse le dernier volet de sa trilogie sur la vie (après The One Mother Show en 2018, où elle racontait la vie, fictive, d'une maman, mariée et débordée, de quatre enfants, et Femme de vie en 2021, dans lequel elle quittait la fiction pour parler de son vécu de femme divorcée et mère de trois enfants).
À bientôt 50 ans, "c'est très intéressant de s'interroger sur sa vie, de la regarder d'en haut et d'oser se remettre au centre", analyse Véronique Gallo. Dans La vraie vie, "on retrouve les personnages qu'il y avait dans Femme de vie, c'est-à-dire Moïse, Bouddha et Clochette", mais qui ont bien grandi puisque les "deux premiers prennent leur envol et la petite dernière entre dans l'adolescence". "Même s'il y est préparé, mon personnage va quand même vaciller beaucoup face à tout ce changement à la maison", dévoile l'humoriste. Par ailleurs, "je voulais aussi parler de l'inattendu qui nous frappe, qui peut être positif comme négatif, car nous traversons tous des épreuves (la maladie, la mort…) mais aussi des miracles". "Tout le spectacle parle de ça et de ce moment qui est toujours celui qu'on n'avait pas prévu, auquel on ne s'attendait pas, qui vous tombe dessus et vient tout changer", expose-t-elle.
"Il n'y avait pas la petite étincelle de l'amour"
Pour Véronique Gallo, ce moment inattendu, "c'est ma rencontre avec Caro, qui m'a bouleversée", confie-t-elle, joyeuse. Et de se lancer dans le récit de cette "rencontre incroyable". Mariée à 23 ans puis maman de trois enfants, "pendant des années, j'ai eu une vie très fort sur des rails". "Mais, en 2017, à 41 ans, je me suis autorisée à quitter ces rails en divorçant." Elle relève : "Qu'on la prenne ou qu'on la subisse, c'est une décision difficile, car elle engendre beaucoup de culpabilité. Mais on ne change jamais pour aller vers pire, donc je me suis sentie mieux dans ma peau et me suis concentrée sur le fait de reconstruire ma famille avec mes enfants".

Pendant deux ans, ensuite, elle partage une histoire avec un homme "qui s'est avéré alcoolique et que j'ai dû quitter". La séparation est "très éprouvante" et "j'ai mis du temps à m'en remettre". Au bout de deux ans, Véronique Gallo se sent toutefois prête à rouvrir son coeur. "Je passe alors mon temps à me demander 'Qui? Mais qui vais-je rencontrer?'". Soirées, fêtes, applis de rencontre..., elle fait la connaissance de "nombreux hommes". Pourtant, "ça ne prend pas, ça ne va pas. Bref, il n'y avait pas la petite étincelle de l'amour". Son désespoir est tel qu'elle envisage, dit-elle en riant, "d'expérimenter le célibat de manière totale" et d'entrer dans les ordres ou de devenir moine zen. "Mais je ne sens pas d'appel et je ne vois pas comment me passer d'une vie affective et charnelle."
"On s'écrivait tous les jours"
C'est alors qu'on lui propose une tournée de quatre dates en Californie. Ses collaborateurs tentent de la dissuader − ce voyage lui coûtera plus cher que ce qu'il rapportera −, "mais je médite (Véronique Gallo a un maître spirituel, NdlR) sur le sujet et le seul message que je reçois, c'est que je ne peux pas annuler puisque je vais rencontrer quelqu'un". "Très excitée", elle essaie d'imaginer qui cela peut bien être : "un expat?, un homme de théâtre à Los Angeles?..."
Après 19h de vol, elle atterrit avec son régisseur à San Fransisco. La société de production et de promotion French Talent USA leur envoie une voiture à l'aéroport. "Une femme en sort : c'est Caroline. En la voyant, la première pensée que j'ai, c'est : si j'étais un homme, je tomberais immédiatement amoureux d'elle." "Avec le recul, c'est un coup de foudre", assure-t-elle. Mais, sur le moment-même, l'humoriste met ce sentiment sur le compte du jetlag, car elle n'a jamais eu d'attirance pour les femmes. "Je me suis toujours sentie terriblement hétéro, et très attirée par les hommes et la masculinité."
C'est bouleversant et ça fait peur à crever parce qu'à ce moment-là, je n'ai absolument pas prévu d'annoncer à mes proches que le type aux bras poilus que j'ai rencontré s'appelle Caro.
Elle passe six jours auprès de Caroline, mais sans chercher à analyser ce qui la traverse "car, de toute façon, j'ouvre l'oeil pour voir s'il n'y a pas un homme que je pourrais rencontrer", raconte-t-elle en riant. Néanmoins, elle est "très troublée" par Caroline : "j'ai la sensation de la connaître depuis toujours, on rit énormément ensemble, je la trouve sublimement belle..." Rentrée en Belgique, Véronique Gallo garde le contact avec Caroline, restée aux USA. Les deux femmes s'écrivent "tous les jours".
"Tout bascule parce que c'est réciproque"
Entretemps, Caroline, d'origine française, est rentrée à Paris. "On se voit, on se revoit, et, après deux mois, je prends conscience que, de mon côté, il y a bien plus que de l'amitié entre nous." Véronique Gallo se décide donc à lui avouer ses sentiments, "sachant que cela mettra un terme à notre amitié". Mais, contre toute attente, "tout bascule parce qu'en fait, c'est réciproque". Elle poursuit : "C'est bouleversant et ça fait peur à crever parce qu'à ce moment-là, je n'ai absolument pas prévu d'annoncer à mes proches que le type aux bras poilus que j'ai rencontré s'appelle Caro". "C'est complexe, reconnaît-elle, mais, en même temps, tellement beau, puissant et évident que c'était impossible de ne pas avoir envie de le vivre et de le crier sur tous les toits".
Hétérosexuelle, homosexuelle, je ne sais pas ce que je suis et je m'en fous.
Fière et heureuse de cet amour, "je ne veux pas être mise dans une case", affirme Véronique Gallo. "Hétérosexuelle, homosexuelle, je ne sais pas ce que je suis et je m'en fous. Par contre, je sais que je suis folle amoureuse. Caro travaille avec moi. C'est une fusion et c'est ce dont j'ai toujours rêvé."
→ "La vraie vie" sera en tournée du 6 mars au 9 juin en Wallonie et à Bruxelles. Infos et rés. sur www.veroniquegallo.com
