D-Carbonize accélère son développement avec un nouveau CEO à la barre
Les deux fondateurs de la start-up bruxelloise ont fait appel à l'entrepreneur Sébastien Leempoel pour passer à la phase de scale-up.

- Publié le 14-01-2026 à 08h12
- Mis à jour le 14-01-2026 à 08h15

Il n'est pas fréquent que le fondateur et CEO d'une start-up décide, par lui-même, de passer les commandes de son entreprise tout en restant à bord. Convaincus qu'ils sont les mieux placés pour savoir ce qu'il faut faire, ils sont nombreux à s'accrocher, parfois au détriment de leur "bébé".
Entrepreneur chevronné (il vient de fêter ses 50 ans), Grégoire Talbot a fait le choix de ne pas s'accrocher à son poste de CEO de D-Carbonize. Cela fait un peu plus de quatre ans que ce navigateur tient la barre de la jeune pousse spécialisée en stratégie de décarbonation des entreprises.
"Je pense, en toute humilité, être un bon entrepreneur. Mais, aujourd'hui, D-Carbonize a surtout besoin d'un bon gestionnaire pour passer à la phase scale-up."
"Je pense, en toute humilité, être un bon entrepreneur. Mais, aujourd'hui, D-Carbonize a surtout besoin d'un bon gestionnaire pour passer à la phase scale-up", nous a annoncé Grégoire Talbot en présence de son successeur. Il ne s'agit pas de Frédéric John, cofondateur et directeur opérationnel de D-Carbonize. C'est à l'extérieur que MM.Talbot et John ont déniché celui qui sera chargé de "mener la boîte de 20 à 100 personnes, avec une croissance de l'activité comprise entre 50 et 100 % par an".
Le nouveau skipper de D-Carbonize est Sébastien Leempoel. "On avait déjà essayé de le recruter, confie Grégoire Talbot. Les étoiles ont fini par s'aligner". Âgé de 41 ans, Sébastien Leempoel a notamment été le CEO de la scale-up technologique Riaktr. Il a aussi été le directeur opérationnel de Greenomy, autre scale-up bruxelloise spécialisée dans les rapports de durabilité.
Un trio majoritaire
Grégoire Talbot et Frédéric John ne quittent pas le navire pour autant. "Nous restons à 100 % dans la société !", insiste l'ex-CEO, dont le rôle sera désormais d'accompagner les clients dans leur trajectoire carbone. Sébastien Leempoel devient actionnaire de D-Carbonize. Le trio possède 60 % du capital. Le solde de 40 % est entre les mains de plus plusieurs fonds (Finance & Invest Brussels, Invest BW, Seeder Fund, Waterlemon Ventures) et de plusieurs business angels.
Fondée en 2021, D-Carbonize – dont le cœur de métier est d'exploiter les données CO2 pour rendre les entreprises "plus durables, plus rentables et plus résilientes" – a connu une belle croissance jusqu'au début de 2025. "Depuis un an, c'est devenu plus compliqué d'attirer de nouveaux clients. Face aux incertitudes, les entreprises ont tendance à lever le pied sur la décarbonation. Mais nos 300 clients sont tous restés et ont continué à investir", indique Grégoire Talbot.
Une décarbonation rentable, sinon rien
"Mon idée, initialement, était de relancer une entreprise dans le domaine du climat, raconte Sébastien Leempoel, lequel a notamment participé à la création du nouvel écosystème BeClimate, à Bruxelles. J'ai finalement été convaincu par Grégoire. Je pourrai aller plus loin en partant d'une base solide, comme celle qui a été créée par Grégoire et Frédéric, qu'en partant de zéro".
D-Carbonize, qui emploie 20 personnes, met de plus en plus l'accent sur la rentabilité des actions de décarbonation. "Aujourd'hui, faire un plan de réduction carbone pour sauver la planète, il n'y a plus aucune entreprise qui le fait. Elles le font si ça crée de la valeur et de la profitabilité", martèle Grégoire Talbot. Les actions proposées peuvent à la fois réduire certains coûts en optimisant les processus, mais aussi créer de nouvelles sources de revenus. C'est ce que D-Carbonize a fait pour des entreprises telles que BIA, Aisin, I-care ou Composil.
"Grâce à nos clients ou à certaines opportunités, nous sommes déjà présents dans 50 pays. L'objectif est de poursuivre dans cette voie, avec une croissance à la fois robuste et rentable."
L'objectif, pour Sébastien Leempoel, sera de démontrer que D-Carbonize peut aussi devenir rentable dès cette année tout en continuant à croître. Le marché belge et les grosses PME industrielles resteront les priorités de l'entreprise bruxelloise. "Mais, grâce à nos clients ou à certaines opportunités, nous sommes déjà présents dans 50 pays. L'objectif est de poursuivre dans cette voie, avec une croissance à la fois robuste et rentable", conclut le nouveau CEO.
