Le meilleur de la Berlinale sur Arte
A l'occasion de la 71 édition de la Berlinale, qui se tiendra en ligne du 1er au 5 mars prochains, Arte parcours les éditions précédentes avec une programmation 100% cinéphile.

- Publié le 10-02-2021 à 08h00
- Mis à jour le 11-02-2021 à 14h02

Quelques jours avant le lancement de la Berlinale, dont la 71e édition se tiendra en ligne du 1er au 5 mars, Arte consacre une programmation spéciale au festival allemand, l'un des plus importants au monde, avec Cannes et Venise. Du 13 au 25 février, la chaîne franco-allemande propose, en télé, mais aussi sur son site Arte.tv, une courte programmation qui se promène dans les dernières éditions de l'événement. Et la pièce maîtresse est certainement le génial There Will Be Blood**** de Paul Thomas Anderson (diffusion en télé le 21/2 à 20h50, en ligne du 21 au 27/2), adaptation quasi expérimentale du roman d'Upton Sainclair sur la folie du pétrole. Un film totalement fou, porté par la B-O de Jonny Greenwood (Radiohead) et la prestation de l'immense Daniel Day-Lewis, qui avait décroché l'Oscar du meilleur acteur pour ce rôle habité (son deuxième sur trois) et qui retrouvera PTA pour Phantom Thread en 2018, avant de prendre sa retraite.

En 2008, ce film magistral n'avait obtenu "que" l'ours d'argent du meilleur réalisateur, quand l'Ours d'or, controversé, allait au très douteux Tropa de elite du Brésilien José Padilha. Se tournant régulièrement vers l'Amérique latine, la Berlinale présentait dix ans plus tard le très beau Les Héritières*** (18/2, 00h35/du 16 au 23/2 en ligne) du Paraguayen Marcelo Martinessi, qui aborde une question tabou dans son pays, celle de l'homosexualité féminine. Ana Brun avait d'ailleurs décroché l'Ours d'argent de la meilleure actrice, tandis que le film empochait le Prix Fipresci de la critique internationale et le Prix Alfred Bauer, du nom du fondateur de la Berlinale en 1951. Un prix supprimé en 2020, quand fut découvert le passé nazi de celui qui dirigea le festival jusqu'en 1976.

André Téchiné et Mia Hansen-Løve
La Berlinale accueille également chaque année de nombreux films français. André Téchiné a ainsi présenté plusieurs films à Berlin, dont son dernier en 2018, L'Adieu à la nuit, avec Catherine Deneuve et le jeune comédien suisse Kacey Mottet Klein. Arte a plutôt choisi Quand on a 17 ans*** (17/2 à 20h55, pas disponible sur Arte.tv), l'un des meilleurs films récents du cinéaste français, coécrit en 2016 avec Céline Sciamma. Une exploration vibrante des troubles de l'adolescence et de la découverte de l'identité sexuelle, avec Sandrine Kiberlain et, déjà, Kacey Mottet Klein.

D'une toute autre génération, Mia Hansen-Løve (la compagne d'Olivier Assayas, à qui l'on devait déjà le très prenant Eden en 2014) avait séduit le public berlinois la même année, décrochant l'Ours d'argent de la meilleure réalisatrice pour L'Avenir** (24/2, 20h55/du 24/2 au 25/3 en ligne), réflexion profonde sur les tourments de l'existence et le temps qui passe portée par une grande Isabelle Huppert.

Un grand film allemand
Côté cinéma allemand, on pourra découvrir le très exigeant Mon frère s'appelle Robert*** (25/2 à 23h10/du 25/2 au 3/3 en ligne), un brillant essai sur la dilatation du temps de 3h signé Philip Gröning (découvert avec le fabuleux documentaire Le Grand silence en 2005, puis passé à la fiction avec La Femme du policier en 2013). Oublié du palmarès de la Berlinale 2018, le film retrace une après-midi d'été dans la vie de deux jumeaux fusionnels, Robert et Elena, laquelle s'apprête à passer son bac de philosophie. Une expérience troublante, totalement envoûtante (ou horripilante, c'est selon...).

Beaucoup plus (trop) classique, Elser, un héros ordinaire* (18/2, 23h15/ du 18 au 24/2 en ligne) marquait, en 2015, le retour à la Seconde Guerre mondiale d'Olivier Hirschbiegel, dix ans après son impressionnant La Chute. Mais un retour nettement moins inspiré. Le cinéaste retrace, dans un biopic poussiéreux, la tentative d'assassinat d'Hitler à Munich en novembre 1939 par Georg Elser, une figure oubliée de la résistance allemande campée par Christian Friedel.

Le 24/2 à 23h35 (du 24/2 au 25/3 en ligne), Arte diffusera Nuit magique (photo), premier long de Xaver Böhm, présenté au Panorama en 2019. Le film sera précédé, à 22h35 (et en ligne du 23/2 au 25/3), de Lotte Eisner (1896-1983), documentaire de Timon Koulmasis consacré à la grande historienne et critique de cinéma allemande, cofondatrice de la Cinémathèque française avec Henri Langlois en 1936 à Paris, où elle s'était exilée car juive.

Ours d'argent du court métrage
Enfin, le dimanche 14/2 à 00h35 (en ligne du 12/2 au 13/5), l'émission Court-citcuit permettra de découvrir deux courts métrages estampillés Berlinale, dont Filipiñana du Philippin Rafael Manuel, Ours d'argent (prix du jury) l'année dernière. Mais aussi une rencontre avec la commissaire de la section Berlinale Shorts, Anna Henckel-Donnersmarck, qui présentera la programmation de l'édition 2021, où seront présentées trois coproductions belges: Zonder Meer de Meltse Van Coillie, Easter Eggs de Nicolas Keppens (un film d'animation) et My Uncle Tudor d'Olga Lucovnicova.
